À l’Assemblée, le débat va s’enflammer autour de la taxe Zucman sur les ultra-riches

Les députés examinent ce vendredi la création d’un impôt minimal sur les très grandes fortunes, dans le cadre du budget 2026. La mesure, soutenue par la gauche et inspirée de l’économiste Gabriel Zucman, divise profondément la majorité.
La fiscalité du patrimoine s’invite de nouveau au cœur des débats parlementaires. Ce vendredi matin, les députés reprennent l’examen du projet de loi de finances pour 2026 avec, à l’ordre du jour, la question explosive d’un impôt minimal sur les plus hauts patrimoines. Inspirée des travaux de l’économiste Gabriel Zucman, la mesure vise à instaurer une taxe de 2 % sur les fortunes supérieures à 100 millions d’euros. Défendue par la gauche, elle a trouvé un écho inattendu jusque dans les rangs de la majorité, où certains élus du MoDem et de Renaissance y voient un moyen de répondre à l’exaspération fiscale croissante.
Face à cette proposition, le Rassemblement national et le MoDem avancent leurs propres versions d’un nouvel impôt sur la fortune, tandis que les socialistes plaident pour un dispositif plus progressif : une contribution de 3 % dès 10 millions d’euros, assortie d’exemptions pour les entreprises familiales ou innovantes. Une approche que certains décrivent comme une tentative de compromis avec le camp gouvernemental, encore divisé sur le sujet.
« Voter pour le droit des milliardaires à ne pas payer d’impôt »
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, est attendu dans l’Hémicycle dans la journée pour défendre la cohérence d’un budget marqué par plusieurs hausses ciblées sur les grandes entreprises et les géants du numérique. Mais l’enjeu politique dépasse la simple question fiscale : la gauche a fait de ce vote un marqueur idéologique, tandis que la majorité craint un signal négatif envoyé aux investisseurs.
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En parallèle, la commission des affaires sociales poursuit l’examen du budget de la Sécurité sociale, avec en toile de fond la suspension promise de la réforme des retraites — une concession faite par le gouvernement pour éviter une motion de censure socialiste. Le débat s’annonce tout aussi tendu autour du gel des prestations sociales et du financement de l’Assurance maladie.
Pour Gabriel Zucman, qui s’exprimait ce matin sur Franceinfo, rejeter cette taxe reviendrait à « voter pour le droit des milliardaires à ne pas payer d’impôt ». L’économiste juge la mesure nécessaire pour rétablir un minimum d’équité fiscale : « Les ultra-riches ne paient presque pas d’impôt sur le revenu, car ils structurent leur patrimoine pour générer peu de revenus taxables. Il est temps qu’ils contribuent à hauteur de leur fortune. »
Alors que les débats s’annoncent houleux, la question reste entière : la France osera-t-elle, pour la première fois, imposer un plancher fiscal aux milliardaires ?
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