A La Réunion, les Jeunes agriculteurs menacent de « passer à l'action » la semaine prochaine

« Il y a une liste de choses qu'on attendait et il y a eu des avancées sur le GNR, sur la loi Egalim 2 [sur la protection des revenus des agriculteurs] également, mais sur la passation de bien entre père et fils il n'y a aucune avancée, tout comme comme sur les produits phytosanitaires », clame Bryan Alaguirissamy.
Le président du canton Grand Sud des Jeunes agriculteurs explique que les membres de son syndicat « envisagent de passer à l'action la semaine prochaine », tout en répétant que la mobilisation attend encore « le feu vert du président » du syndicat, Guillaume Sellier.
« On est face à une situation où on nous met des normes, on nous dit de produire plus, mais il n'y a pas d'alternative pour pallier le problème des produits phytosanitaires qui sont retirés du marché. On nous parle de souveraineté alimentaire, mais la souveraineté serait de garantir nos produits et de les vendre à un juste prix », clame Bryan Alaguirissamy, en citant l'exemple des aubergines, attaquées par des maladies en raison de l'interdiction de les traiter.
Alors que les agriculteurs réunionnais sont restés jusqu'ici à l'écart du mouvement de colère de leurs homologues de l'Hexagone, cette prise de position isolée du président des JA du Grand Sud témoigne peut-être d'hésitations sur la marche à suivre au plan local.
La position ambiguë de la FNSEA, le syndicat national réputé proche de l'agro-industrie et de la tant décriée Politique agricole commune (PAC) de l'Union européenne, continue d'être pointée au sein même de la base populaire du mouvement de colère paysan.
Quand au petit frère de la FNSEA, le syndicat national des JA, il a annoncé ce samedi sur RMC sa décision de lever provisoirement les blocages dès aujourd'hui, pour donner du « repos » aux manifestants.


