Revenir à la rubrique : Santé

À La Réunion, la mortalité liée aux maladies cardiaques et aux AVC reste préoccupante

Ecrit par N.P. – le mardi 8 juillet 2025 à 17H25

La dernière étude de la Drees révèle de fortes disparités territoriales dans les causes de décès en France en 2023. Dans les outre-mer, et notamment à La Réunion, certaines pathologies restent nettement surreprésentées, malgré une baisse générale de la mortalité au niveau national.

La France a enregistré 637.082 décès en 2023, soit une baisse de 36.000 par rapport à 2022, selon la dernière étude publiée par la direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (Drees). Ce recul s’explique en grande partie par la diminution de la mortalité liée au Covid-19, désormais responsable de 2,2 % des décès (18,5 pour 100 000 habitants contre 54,8 en 2022). Mais derrière cette tendance globale, de fortes disparités géographiques subsistent. Et les départements et régions d’outre-mer (DROM), notamment La Réunion, restent confrontés à des taux de mortalité préoccupants pour certaines causes.

Sur l’île, la mortalité liée aux maladies cardio-neurovasculaires est 17 % plus élevée que la moyenne nationale. Un écart qui concerne à la fois les maladies cardiaques et cérébrovasculaires, et qui témoigne, selon les auteurs, d’un terrain propice à ces pathologies : prévalence du diabète, alimentation déséquilibrée, difficultés d’accès aux soins. Le phénomène est encore plus marqué à Mayotte où cette mortalité est 2,8 fois plus élevée qu’en métropole.

Lire aussi : AVC, cardiopathie ischémique : à La Réunion, des taux de mortalité supérieurs au niveau national

Autre point noir : les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, qui incluent notamment le diabète. À La Réunion, elles entraînent une mortalité 1,7 fois plus élevée que la moyenne hexagonale. À Mayotte, le taux est multiplié par 4. Ces chiffres confirment une tendance de long terme : les populations ultramarines sont plus vulnérables face à ces maladies chroniques souvent évitables.

Concernant le cancer, la situation à La Réunion est, en revanche, plus favorable. La mortalité par tumeurs y est inférieure au niveau national, à l’exception de certains cancers spécifiques (utérus, estomac, prostate). La Drees souligne que les écarts sont moindres pour les tumeurs, dont la répartition reste globalement homogène sur le territoire français.

En matière de mortalité liée au Covid-19, La Réunion enregistre également un excès de +30 % par rapport à la moyenne française, soit l’un des taux les plus élevés du pays après la Martinique (+59 %). Ce constat interroge sur la vulnérabilité persistante de l’île face aux maladies infectieuses, dans un contexte sanitaire qui reste tendu.

Enfin, La Réunion fait figure d’exception dans les DROM avec une collecte de données de bonne qualité, contrairement à la Guyane, la Martinique ou la Guadeloupe, où les certificats médicaux sont parfois incomplets. Ce facteur renforce la fiabilité des constats posés sur la situation sanitaire réunionnaise.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :