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Volontaire à Pondichéry: “Ma famille attend beaucoup de moi”

Ecrit par zinfos974 – le mardi 18 juin 2013 à 08H25

Originaire du Tampon, Anne Técher 28 ans est installée à Pondichéry depuis quatre mois en tant que volontaire solidarité internationale. Un changement radical dans la vie de cette jeune femme qui opère ainsi un retour aux sources sur ses origines indiennes tout en acquérant une expérience professionnelle hors du commun.

Silhouette frêle dans sa robe blanche, ses longs cheveux ondulent dans la lumière du soir, Anne Técher illumine le jardin de l’Alliance française. D’origine indienne par sa mère, rien ne pourrait laisser présager de son appartenance à l’île de la Réunion, mis à part son patronyme et son accent créole.

La jeune diplômée d’une licence de Français en langues étrangères, d’un Master de tourisme et d’une maîtrise d’Anglais, a choisi de s’expatrier ne trouvant pas de travail sur son île natale. Après deux années passées en Angleterre, et des recherches d’emplois infructueuses à la Réunion, venir travailler à Pondichéry pour l’Alliance Française se révèle une excellente opportunité.

Partie sous l’égide du Conseil Général, elle est aujourd’hui coordinatrice pédagogique pour les élèves pondichériens, et enseigne la culture française. Ce qui la frappe d’emblée, c’est sans nul doute le rapport qu’ont les élèves à la hiérarchie et à leur déférence envers l’enseignant.

"Les élèves sont ici très disciplinés et respectent les professeurs et la hiérarchie en général. C’est un autre état d’esprit vis à vis de celui qui détient le savoir", confie la jeune sudiste.

"L'Inde m'a aidé à relativiser"

Fière de ses origines indiennes, son métissage a été un véritable passeport pour son intégration auprès de la communauté indienne. "Cela m’a permis d’aller peut être plus facilement vers les gens. De me faire accepter", confie-t-elle.

Alors si l’envie de changer d’horizon a été comme un élément déclencheur dans sa démarche personnelle, Anne confie que "l’Inde m’a aidé à relativiser, à voir les choses autrement. Ma famille attend beaucoup de moi, et même si j’ai une certaine pression sur les épaules, il n’en demeure pas moins qu’ils ont une idée assez faussée du pays. Ils doivent venir l’an prochain pour me retrouver, et devront sans doute laisser de côté leurs préjugés. Malgré tout, ma famille vit très bien cet éloignement, ma sœur vivant déjà à Toulouse depuis un moment".

Au bout de quatre mois, Anne Técher a réussi une partie de son pari. Vivre à l’étranger, travailler et s’intégrer. Et même si le constat de l’intégration reste quelque peu mitigé, elle avoue qu’il est plus facile "de se retrouver le week-end entre expatriés pour sortir et faire la fête que de vivre à l’indienne".

Habitant dans un quartier calme mais non résidentiel dans un petit F2 avec 145 euros de loyer, Anne se déplace en vélo et a trouvé son rythme de croisière. Elle reconnaît bien volontiers que ses proches lui manquent et qu’elle reste très attachée à son île de la Réunion. Et que dans moins de deux ans, elle émet le souhait que cette opportunité puisse se concrétiser dans un nouveau challenge et un travail à la Réunion. Le message est passé…

 

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