Lettre ouverte à Thierry Robert

Cher Thierry Robert,
Vous avez réussi par vos propres moyens à acquérir positions financières et politiques. Vous pourriez être un exemple pour la Réunion. Un exemple contre la morosité ambiante et le pessimisme qui nous touche, un exemple de réussite malgré cette crise économique et le triste constat que la Réunion n’a pas su ou n’a pas eu les moyens d’effectuer un développement économique qui apporterait du travail à nos 100 000 chômeurs.
Avoir de l’argent n’est pas une honte, ne pas savoir à quoi servent les impôts lorsqu’on est élu de la République l’est. La France doit encourager l’investissement économique, bien sûr. La France doit encourager la consommation ? Soit. Le tout, sans augmenter les impôts ? C’est vrai après tout à quoi servent les impôts ? A être gaspillés, à arroser les ministres qui détournent les fonds ? Peut-être en partie. Mais n’est-il pas de votre devoir, en tant qu’homme politique, rompu aux « affaires de la cité » de savoir que l’impôt nous permet également de consommer ? Oui, le bus que madame prend pour aller faire ses courses est financé par l’argent public. La route des tamarins également. Les consommateurs vont chez le médecin et sont soignés gratuitement grâce à ces mêmes impôts. Et s’il y a tant de chômeurs à la Réunion, avec quoi consommeraient-ils sans les aides sociales qui proviennent … de la redistribution.
La France n’est pas parfaite, des économies peuvent être faites dans les dépenses publiques, cependant n’oublions pas que nous avons fait le choix d’une société solidaire et redistributive où chacun paie selon ses moyens. Chacun de nous en a profité, pauvres ou riches ! Alors quand je pense que j’ai grandi à la Réunion, que je suis allée dans une école gratuite, que la région a payé mon billet pour que j’aille passer les concours d’entrée d’une école de Sciences Politiques. Oui, je me dis que peut-être vous pourriez être mon exemple, que moi aussi je veux toucher 90 000 euros et représenter les intérêts des Réunionnais et Réunionnaises. Je sais que le moment venu, le chèque aux impôts fera mal. Que je me dirais que je n’ai pas travaillé si dur pour les autres. Et puis, je repenserais à tout ce dont j’ai bénéficié dans ma vie, et à tous ceux qui en ont besoin aujourd’hui. Et c’est le sourire aux lèvres que je dirais : « Vivement que je paie l’ISF ! »


