Journée de la femme: La parole est à... Brigitte Hoarau

Qu’est-ce qui a motivé votre engagement politique ?
Je suis avocate. Mon métier est de faire valoir le droit et de défendre les gens. L’engagement politique est une suite logique de mon parcours professionnel. Une responsabilité importante, un choix de vie. Je suis passionnée par la vie politique. Après des études de droit public et de sciences politiques, je me suis impliquée au sein de deux cabinets politiques des collectivités territoriales à La Réunion et ce pendant plusieurs années. Depuis ma collaboration avec Michel Lagourgue en 2007 à St Denis, je me suis installée dans le Sud. C’est là d’où je viens. Je travaille actuellement avec des personnes qui portent, tout comme moi, un intérêt particulier à la chose publique. Nous sommes à l’écoute de l’ensemble des citoyens, leurs difficultés, leurs attentes. Présenter une liste aux élections municipales à Petite-Ile est une nécessité avec un projet qui me tient à cœur : la démocratie participative.
Avez-vous l’impression que la place des femmes a évolué en politique à La Réunion ?
C'est plus qu'une impression, c'est une réalité !Les femmes gagnent leur liberté en travaillant. Maintenant elles peuvent faire des études de plus en plus poussées et obtenir des responsabilités. Dans la sphère politique locale, les femmes apportent leur part de compétences et une autre vision des choses. La parité constitue un virage essentiel dans cette prise de conscience. Les femmes peuvent partager leurs expériences, les mettre au service des autres. La place de la femme est légitime et normale. Une raison pour laquelle elles s'engagent plus facilement aujourd'hui.
Pensez-vous que les femmes font de la politique autrement ?
Certaines femmes ont les mêmes réflexes voire les mêmes défauts que certains hommes. Le pouvoir tourne la tête. D’une manière générale, elles réagissent avec plus d'humanité et de coeur. La politique est un véritable contrat de confiance. La vision est la même pour les femmes et pour les hommes : servir les autres et non pas se servir de la politique pour soi-même.
Vous définiriez-vous comme féministe ?
Benoîte Groult, une féministe française a su définir le féminisme : "le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours.". Si le statut de la femme est un combat pour gagner en égalité et en respect de l’autre, pour cela oui, je suis une féministe. Mais, je n’aime pas l’extrémisme. Je me sens complémentaire de l'homme même si quelquefois il faut se faire davantage entendre et rester vigilante.
Quand vous étiez enfant, vous aviez conscience d’un statut différent entre l’homme et la femme ?
Enfant oui. Cela développe un sentiment d'injustice et d'incompréhension. Mes frères avaient des droits que je n'avais pas : de sortir, d'avoir une voiture, de ne pas faire la vaisselle ... les femmes restaient davantage dans leurs foyers, vouées à l’éducation des enfants. Avec le temps, le statut de la femme devient égalitaire dans notre pays. Nous avons cette chance que beaucoup d'autres cultures n'ont pas.
Est-ce que l’homoparentalité est une nouvelle forme de famille ?
Oui. C’était déjà une réalité avant que la loi ne soit votée ...


