Léger doute sur l'identification des quatre requins "cuivres"

S'il reconnaît avoir consulté les infos réunionnaises ces dernières 48h, le biologiste marin reste prudent sur l'annonce faite ce dimanche de la capture -le temps de l'identification- de 4 requins cuivres. Une nouvelle annoncée comme une première à La Réunion.
"Je n'ai pas encore reçu les photos, je ne peux donc pas, pour le moment, confirmer leur identification. Les vidéos qui sont en ligne ne permettent pas une identification rigoureuse" conçoit l'intéressé et pour cause.
Le requin cuivre, ou Carcharhinus brachyurus, peut en effet "facilement être confondu avec le requin sombre (ou Carcharhinus obscurus) ou même le Carcharhinus amboinensis (dit le requin balestrine)" pondère-t-il.
"Le Carcharhinus brachyurus a une large répartition, avec trois grandes populations dans l'hémisphère sud : l'Australie-Nouvelle Zélande, l'Afrique du Sud-Namibie et l'Amérique du sud". Des données qui placent l'espèce en effet bien loin des côtes réunionnaises...
"Une étude génétique récente de 2011 confirme cette structure et met en évidence une discontinuité au niveau de l'Océan Indien. L'hypothèse émise pour expliquer cette structure est la suivante : l'origine de l'espèce est située en Atlantique. Elle s'est étendue vers l'ouest, mais la formation de l'isthme de Panama a isolé la population atlantique, tandis que la population pacifique continuait sa progression vers l'ouest et colonisé l'Australasie" explique le chercheur. Un seul regret admet-il : "des prélèvements de tissus sur les individus réunionnais auraient sans doute permis d'identifier leur origine", avec une précision maximum.
Un seul cas fatal connu
Si leur identification venait à être confirmée, la présence dans les eaux réunionnaises (les 4 spécimens ont été remontés depuis la Pointe du Diable), amènerait d'autres interrogations. "Le requin cuivre est principalement une espèce d'eaux tempérées à tempérées froides, mais elle est généralement remplacée par le requin sombre dans les eaux subtropicales et tropicales" poursuit-il.
Très peu croisé sous nos tropiques, le requin cuivre "est le requin que l'on voit se gaver de sardines dans les fameux "sardine runs" sud-africains. C'est en effet un mangeur de petits poissons pélagiques et de calmars" poursuit Bernard Séret.
Enfin, le Carcharhinus brachyurus est impliqué "dans une dizaine d'attaques, toutes survenues en Nouvelle-Zélande, avec certaines provoquées par des actions de pêche ou encore des cas douteux avec une identification incertaine". Un seul cas fatal impliquant un requin cuivre date de 1976, mais elle s'est produite sur un chasseur sous-marin.


