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Journée de la femme: La parole est à... Béatrice Leperlier

8 mars 2013 : Journée internationale des droits de la femme. Comme partout ailleurs, les femmes réunionnaises se souviendront, se mobiliseront, célébreront le courage, l’audace et le combat des femmes du monde entier. Tout comme l’année dernière, nous avons rencontré sept femmes. Sept femmes qui entretiennent la flamme de l’espoir, de la volonté et de l’ambition pour… faire avancer le monde. Béatrice Leperlier est la "petite sœur" de Gilles Leperlier. Petite et… complémentaire de son frère au sein du mouvement pour la formation et l’emploi des jeunes à La Réunion. Le non-cumul des mandats et l’embauche des Réunionnais restent leurs thèmes prioritaires. Parallèlement, Béatrice Leperlier est conseillère régionale de l’Alliance. Elle poursuit des études de géographie à la faculté.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 4 mars 2013 à 11H30

Qu'est-ce qui a motivé votre engagement politique ?

Dans notre société, il existe plusieurs choses qui ne me semblent pas normales et qui ne sont par forcément  "fatales". J'ai eu la chance d'être sensibilisée très jeune sur les questions publiques. Leurs réflexions aboutissent au militantisme et par là-même font avancer la chose publique. En y participant, j’ai  découvert l’instauration d’un rapport de forces qui pèse lourd sur les décisions politiques finales. .

Avez-vous l’impression que la place des femmes a évolué en politique à La Réunion ?

Les Réunionnaises sont des militantes, ce n’est pas récent d’ailleurs. L'engagement est à la base même de toute action politique, c'est important je pense, de le rappeler. Mais là où le bât blesse, c'est lorsque j’observe l'organisation hiérarchique de la politique, l'accès aux responsabilités, je constate qu’il  y a eu d’énormes avancées grâce à la loi sur la parité mais elle ne peut suffire à l'égalité effective. La législation peut encore contribuer à promouvoir les femmes aux responsabilités politiques. Par exemple avec le non-cumul des mandats, la réforme de certains modes de scrutins. Il faut juste de la volonté politique. L'égalité effective passera par l'évolution des mentalités à la fois chez les hommes et aussi chez les femmes : la sortie des relations de domination, des stéréotypes, des préjugés.

 
Pensez-vous que les femmes font de la politique autrement ?

Chaque individu, femme ou homme, a sa manière de faire de la politique, influencé par une multitude d'éléments dont l’éducation, les expériences, les objectifs, … Dans la construction de notre personnalité, nous avons intégré involontairement des schémas sexistes mais il n'y a pas d'automatismes, le sexe ne présuppose pas une manière de faire. Si les femmes doivent pouvoir accéder à des postes à responsabilités politiques, c'est avant tout parce qu'elles font partie intégrante de la société et sont aussi aptes que les hommes à exercer le pouvoir.
 

Vous définiriez-vous comme une féministe ?

Comment ne pas l'être ? Sommes-nous parvenus à l'égalité entre les femmes et les hommes ? Non. Existe-t-il une raison valable pour considérer les individus différemment en fonction de leur sexe ? Non. Cette situation est-elle irrémédiable ? Non. Tant qu'il en sera ainsi et même après, nous avons toutes et tous intérêts à être féministes !

Quand vous étiez enfant, vous aviez conscience d'un statut différent entre l'homme et la femme ?

Je voyais bien que les filles et les garçons n'étaient pas traités de la même manière.  Chacun devait en quelque sorte entrer dans un ensemble de critères prédéfinis. Sans avoir conscience réellement de ce qui se passait, je me refusais d'accepter une considération inférieure à celle d'un garçon. Sous prétexte d'un caractère bien trempé, d'un pantalon, d'un tee-shirt et de baskets régulièrement portés, j’ai été étiquetée comme un « garçon manqué ». Quand j'y repense, cette expression qui semble au premiers abord anodine est pourtant lourde de sens en matière d'inégalités femmes–hommes.

 

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