Père en détresse : "C’est un massacre social et judiciaire des pères"

Il n’y a pas si longtemps, André avait une vie très équilibrée. "J’étais un homme tout à fait respectable. J’exerçais dans le domaine de la victimologie. Je m’investissais dans le milieu associatif parce que je suis un homme de contact". Mais cet homme très engagé était loin d’imaginer qu’il allait être lui-même victime du système, qui semble avoir deux poids de mesure en matière d’autorité parentale.
André n'est plus que l’ombre de lui même depuis des semaines, tant l’absence de ses enfants le pèse. "Depuis que je ne vois plus mes enfants, je suis stressé et angoissé. Ils me manquent, vous comprenez?", demande ce père qui a du mal à contenir son émotion. Il a perdu 40 kg en seulement quatre mois et ne dort plus qu’une heure par nuit.
L’homme a l’air hagard et ne peut s’empêcher d’allumer une cigarette à chaque fois qu’il évoque les moments difficiles qu’il a traversés, autant dans sa vie personnelle que professionnelle. "La Protection maternelle et infantile ne protège que la mère et nullement le père. Leur a priori leur impose d’ignorer la parité éducative et sous-entend la culpabilité de nature des pères", s’empresse d’expliquer André, en lisant un courrier qu’il adressera aux pouvoirs publics.
Depuis qu’André a compris qu’en voulant imposer son droit de regard légitime sur l’éducation de ses enfants, son autorité de père n’est pas reconnue devant les instances familiales, il a d’abord baissé les bras et a perdu goût à la vie. "Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. Je déborde d’amour pour mes enfants. Le fruit de mon activité professionnelle allait toujours pour le bien-être de mes enfants. Une grande partie de ma vie leur a été consacrée. En les perdant, j’ai tout perdu : ma maison, ma voiture et mon travail. Mes enfants n’ont pas encore huit ans et ils commencent à comprendre ce qui se passe". Mais André ne voit malheureusement plus ses enfants. "Leur mère ne respecte plus le droit de garde qui m’a été accordé". L’homme tombe dans une profonde tristesse et l’entretien s’achève sur une émotion palpable…
A la Réunion, le contexte socio-culturel semble inciter la justice à favoriser la mère. "Quand je me tourne vers les assistantes sociales ou encore lorsque je vais expliquer aux forces de l’ordre que mes droits ne sont pas respectés, je me rends compte qu’on a tendance à faire confiance aux paroles de la femme qui a tout pour elle: les aides sociales et tous les droits sur les enfants. La parité éducative est pourtant imposée par la loi".
Aujourd’hui André lance un appelle à tous les pères qui sont dans la même situation que lui : "On peut détruire un homme, un père de famille en un jour en donnant raison à une femme et en se basant sur ses dires alors qu’il n’y a aucune preuve. C’est une injustice qui peut anéantir la vie d’un homme, croyez-moi. Les pères qui ont vécu ou qui vivent cette terrible souffrance qui me rongent depuis des mois, rejoignez-moi dans l’Association des pères en danger, et ne faites pas l’erreur de tomber dans la déchéance".
Si vous souhaitez vous rapprocher de l’association des pères en danger, faites-vous connaître sur : [email protected]
*André est un nom d’emprunt pour préserver son anonymat


