Gamour ou la lutte contre les mouches sur légumes

Qu’est ce que la mouche des légumes ? Un insecte ravageur qui pond ses œufs à l’intérieur des légumes. Lorsque les larves éclosent, elles creusent des galeries favorisant la pourriture de celui-ci.
Jusqu’à présent, la solution jugée la plus efficace et la moins contraignante résidait dans l’usage des pesticides. Or, conséquence désastreuse, les agriculteurs n’arrivent plus à lutter efficacement contre ces mouches avec une inefficacité reconnue, une pollution constatée des eaux et des sols, une destruction de la biodiversité et, fait moins évoqué mais non des moindres, des effets sur la santé humaine.
Ainsi, l’idée est de travailler ardemment sur trois ans pour parvenir à retrouver un équilibre naturel. "Ce qui sous entend d’accepter de ne pas résoudre ce fléau en deux jours. Ce projet vise à revenir à des équilibres rompus, par exemple, entre ces mouches et leurs ennemis naturels", explique l’agro-écologue.
Tout d’abord, Gamour propose d’agir par la prévention. "Le principal potentiel de réinfectation par les mouches sont les fruits qui sont tombés. Il faut donc les ramasser dès lors qu’ils sont par terre", explique Jean-Philippe Deguigne.
Concrètement les agriculteurs vont appliquer un ensemble de techniques, anciennes ou nouvelles, pour gérer les populations de mouches. Par exemple, en introduisant une variété de minuscules guêpes qui vont piquer dans le corps de la larve de la mouche. A terme, c’est une guêpe qui en sortira.
Les agriculteurs peuvent également utiliser des "plantes pièges", comme le maïs, autour d’une culture qu’ils souhaitent protéger. "Il suffit de les placer en bordure de parcelle, la majorité des populations de mouches se trouveront sur les plantes de bordures et non sur les parcelles", affirme le chercheur du Cirad. Les professionnels insistent aussi sur la protection des sols. "On peut également lutter contre ces mouches en limitant l’érosion et les lieux de transpiration des sols", insiste-t-il.
Le projet Gamour est nouveau, "jamais entrepris ni à la Réunion, ni en métropole, ni même en Europe", explique Jean-Philippe Deguigne. Un projet qui s'inscrit pleinement dans des objectifs environnementaux tels que "Réunion île verte en 2030" ou encore le Grenelle de l’environnement.


