Quand la CCIRPP devient une SCIC et s'intéresse à la bouteille de gaz

Morad Guelalta, membre fondateur de la CCIRPP, est de retour depuis quelques semaines d'un déplacement à Maurice et Abu Dhabi où il avait pu rencontrer de futurs investisseurs susceptibles d'être intéressés par l'aventure carburant libre à la Réunion. Si les rencontres ont été "fructueuses" de l'aveu même de l'intéressé, la forme juridique de la CCIRPP freine les ambitions de ces investisseurs.
Devant ce dilemme, les membres fondateurs de la CCIRPP (Johnny Grindu, Michel Alamèle et Morad Guelalta) ont décidé de passer à la vitesse supérieure en déposant auprès de l'Etat un projet de société coopérative d'intérêt collectif. "La CCIRPP n'existe plus dans sa forme actuelle et une SCIC est en cours de création", explique Morad Guelalta, qui dit désormais attendre le feu vert des autorités.
La SCIC est une société anonyme, ou une SARL, qui associe obligatoirement autour d'un projet des acteurs salariés, des acteurs bénéficiaires (clients, usagers, riverains, fournisseurs…) et des contributeurs (associations, collectivités, sociétés, bénévoles...) pour produire des biens ou des services d'intérêt collectif au profit d'un territoire ou d'une filière d'activités.
Seul bémol, selon Morad Guelalta les collectivités serraient peu enclines à se joindre à l'aventure. "On a été voir ensemble les politiques. Ils n'ont voulu prendre aucune position. Personne ne veut pour le moment participer à son développement", regrette-t-il. "Pourtant chaque sociétaire a une voix et pèse autant qu'un autre sociétaire quelle que soit la somme qu'il a amenée", ajoute-t-il. Dans cette SCIC on retrouvera en tant que sociétaire, les sociétés portées par Morad Guelalta et Johnny Grindu.
Passage obligé pour développer le carburant libre, la SCIC va également s'intéresser à un autre enjeu de consommation majeur réunionnais, la bouteille de gaz. Morad Guelalta ambitionne, en plus du carburant, de faire venir des bouteilles de gaz à la Réunion. En ce moment, la Région réfléchit à la pérennisation ou une sortie "en douceur" - l'annonce devrait intervenir dans les prochains jours - du dispositif de subvention de la bouteille de gaz, la SCIC pourrait ambitionner de faire venir un premier container de bouteilles de gaz en début d'année prochaine.
"Je voudrais faire venir un container, soit environ1.500 bouteilles de gaz. Le prix de vente d'une bouteille serait de 16 euros", explique-t-il. La raison d'un prix presque équivalent à celui de la bouteille subventionnée par la Région ? Son prix de départ plus faible. "Elle se paie 12,80 euros, frais de douane inclus", lâche-t-il. Un moyen selon lui de se constituer une trésorerie suffisante pour commencer à importer plus sereinement du carburant dans notre île.
Suspendu à la décision de l'Etat, Morad Guelalta attend désormais le feu vert des autorités pour lancer l'importation de carburant libre et de bouteilles de gaz, d'autant que les investisseurs du Golfe - notamment un membre de la famille princière d'Abu Dhabi - se sont dit prêts à rentrer dans l'affaire dès que la SCIC sera créée.


