Lâchez les chiens !

Il est trop facile, après coup, en larmoyant à la télévision, de dire « Je regrette » ! Surtout quand on ne regrette rien.
Monsieur Thierry Robert a jugé bon d’aller à la préfecture pour réclamer des emplois aidés. On ne le lui reprochera pas : il défend ses administrés et ils ne sont pas si nombreux à le faire.
Ca aurait pu même être très sympathique s’il ne s’était laissé déborder par deux fois : par lui-même, et par sa bande de pitbulls.
Le ridicule ne tuant toujours pas, le voici à genoux pour réclamer son quota ! Pourquoi pas aplati comme une limande, tant qu’il y était ?
Qu’il ait été molesté par les gardiens de l’ordre est un fait. Cela l’obligeait-il à cautionner ses nervis quand ils s’en sont pris à la presse ? Qu’il ne vienne pas dire qu’il regrette : il était là, il a tout vu, il n’a rien empêché !!!
On revoit les images de cet abruti en chemise noire (un symbole ?) arrachant l’appareil photo d’une jeune femme. Facile, quand on mesure 1m80 et qu’on est entouré de sa meute, de jouer les gros bras. On n’est pas plus lâche ! Et les autres zozos, autour, qui applaudissent.
Nous pensions ces méthodes révolues ; dignes de Mussolini ou Staline. C’est oublier qu’il n’y a pas si longtemps, chez nous, on tabassait joyeusement au nom de la politique, tous bords confondus.
A Saint-Louis, Luc Marck et son photographe du Quotidien subissent les foudres des nervis aux ordres de Jean Fontaine. Un humaniste, celui-là !
A Saint-Denis, Jean-Louis Rabou se fait tabasser par le propre chauffeur de Lucet Langenier.
A Saint-Louis, lors d’une pseudo grève de lycéens fomentée de toutes pièces par le PCR, le photographe du Quotidien se fait malmener par de jeunes nervis mêlés à la foule.
A Saint-Pierre, votre serviteur, en 1986, a failli se faire révolvériser par un de chefs nervis du PCR pour cause de langue trop bien pendue. Le nervi en question en a pris pour 8 mois. Tous ces faits sont vérifiables.
Qu’on ne prétende pas qu’il s’agit d’éléments incontrôlés parce qu’incontrôlables ! Quand on se veut élu de la République, on mesure ses paroles, ses actes et ses chiens de garde. Un chien de garde ne doit pas être un chien d’attaque. Sinon, on change de métier et on va vendre des carottes. Ou de l’immobilier !
Je suis solidaire de mes ex-confrères. La liberté de la presse ne doit pas être à géométrie variable.
Jules Bénard


