Huguette Bello roule pour Hollande plutôt que Mélenchon

"Je le dis à l’Assemblée nationale et, faute d’être entendue par ce gouvernement de sourds, je le crie : notre jeunesse souffre. Comme toute la jeunesse de France, mais plus encore. Ici, six jeunes sur dix sont sans emploi. Six sur dix. On répète le chiffre, comme si on allait s’y habituer. Rien de pire dans toute l’Union européenne. Pas même en Grèce.
Faire des efforts pour notre jeunesse ? Le mot est faible. C’est d’urgence qu’il s’agit, de sauvetage, de secours à jeunesse en danger. Que nous répond-on quand nous tenons ce discours ? Que l’Outre-mer doit participer à l’effort national et contribuer au redressement des comptes publics. Il y participe pourtant, il y participe autant que le reste de la France, et plus durement encore puisque notre niveau de vie est nettement plus faible, puisque vivre au-dessous du seuil de pauvreté devient ici le lot du plus grand nombre.
La jeunesse d’abord. Chez nous, elle porte deux fardeaux, deux lourds bagages de souffrances.
Dans le premier, il y a ce qui la concerne le plus directement. Le chômage. Dans nos rues, ce ne sont plus les jeunes chômeurs que l’on remarque, ce sont ceux qui ont trouvé du travail, les chanceux qui ont gagné à la loterie cruelle de l’emploi. Le monde à l’envers. Il y a aussi tout ce qui perturbe l’éducation et la formation. Dans une région où tant de jeunes sortent du système éducatif sans qualification, où le taux d’illettrisme est extrêmement élevé, où les résultats obtenus aux évaluations sont inquiétants, les suppressions de postes dans l’Éducation nationale sont encore plus désastreuses.
Et il y a l’autre fardeau, l’autre bagage où s’entassent pour les jeunes les conséquences des épreuves de tous. L’énorme crise du logement qui nous étouffe est bien plus, pour eux, qu’une difficulté à surmonter. C’est un handicap originel, une lourde menace pour la confiance qu’ils mettent en la vie. Ne pas pouvoir vivre avec celle ou celui qu’on a choisi, ne pas pouvoir fonder un foyer, être interdit de projets, voilà le cadeau qu’on fait à leurs vingt ans !
Dans ce second fardeau, ils trouvent aussi les conséquences des difficultés économiques de leurs parents. Ils trouvent les angoisses qu’une politique de santé en régression accumule sur les Réunionnais, particulièrement sur les plus fragiles, et dont le pôle sanitaire de l’Ouest, notre PSO, ne cesse de faire les frais. Ils trouvent la fausse fatalité de la vie chère, toujours plus chère. Sans compter, déclinée de toutes les manières, cette logique de la réussite facile et arrogante, chikungunya de l’esprit, qui corrompt tout ce qu’elle touche, l’âme, le corps, l’intelligence, la sensibilité. (...)
La période où nous vivons est un moment propice pour nous tourner vers ce que nous avons tellement pris l'habitude d'ignorer : la vie même de notre société, le sens qu’elle nous propose, les sentiments qu’elle suggère, les pensées qu’elle suscite. Il y a là une réalité vivante, fondamentale, indestructible. Elle est rebelle à toute organisation, mais elle est présente à toutes les consciences. C’est elle que l’enseignement a la charge d’interroger et d’accompagner. C’est elle que la culture a la charge de présenter et d’illustrer. C’est elle que la politique a la charge de protéger.
Nous sommes avec vous, cher François Hollande. Que les attentes de notre jeunesse vous accompagnent durant ces cinq prochaines années !"


