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Atmosphère surchauffée au Port pour Jean-Luc Mélenchon

Un 30° à l'ombre, une halle des manifestations chauffée par le soleil et un public exalté, le discours de Jean-Luc Mélenchon a été suivi par environ 3.000 personnes selon les organisateurs en début de meeting, puis par "5.000" en toute fin.
Ecrit par zinfos974 – le dimanche 25 mars 2012 à 18H18

Maurice Gironcel, Béatrice Leperlier, Pierre Vergès, Ivan Hoareau, Jean-Hugues Ratenon, Jean-Yves Langenier, Gilles Leperlier, Maximim Banon, Jean-Hugues Savigny. La gauche locale (politiques et syndicalistes) était largement présente pour assister au discours de campagne de Jean-Luc Mélenchon au Port. Après un maloya distillé par un "petit groupe de la Rivière des Galets" dixit Max Banon, l'honneur d'ouvrir ce meeting est revenu à une jeune femme, Béatrice Leperlier, qui dit suivre le combat de Jean-Luc Mélenchon pour que "les richesses produites soient réellement partagées. (…) Une révolution est possible par le projet du Front de Gauche".

Ivan Hoareau prend le relai : "nous sommes arrivés au bout de la départementalisation. (...) La crise, il y a ceux qui en pâtissent et il y a ceux qui en profitent". Les grands mots sont utilisés, donnant le sentiment du "grand soir", le public est bouillant. L'idée d'un grand changement est tellement à l'esprit des sympathisants du Front de Gauche qu'un récent sondage fait de leur candidat le troisième homme.

"Nous sommes convoqués devant le tribunal de l'Histoire (...) On entend trop dire à la Réunion que les problèmes surgissent à cause de l'éloignement et de la poussée démographique. Oui, il faut en tenir compte mais il s'agit aussi de mettre en cause le mode de gestion dans les entreprises. La géographie ne doit pas cacher l'irresponsabilité de ceux qui font la profitation"" explique Ivan Hoareau, chargé de la campagne de Jean-Luc Mélenchon localement.

Le potentiel "troisième homme" entre en scène sous les hourras. Le député européen se sent immédiatement à l'aise sur les sujets liés à Bruxelles. "L'Union européenne est abandonnée aux libéraux". Quant à la politique intérieure, Jean-Luc Mélenchon fait le compte de la RGPP qui a "amené l'Etat à supprimer 150.000 emplois de fonctionnaires".

 

Sur le front de la lutte sociale, il réitère avec la verve qu'on lui connaît ses critiques vis-à-vis du capitalisme. "Le problème c'est le partage !" s'exclame-t-il avant de proposer, s'il est élu, "un Smic à 1.700 euros mensuel. A chaque fois qu'on me dit que c'est trop, je demande comment font pour vivre ces gens à 1.000 euros ?" La proposition trouve un écho plus que favorable dans le public.

"Nous allons éradiquer l'illettrisme en un mandat"

A ses sympathisants réunionnais, Jean-Luc Mélenchon estime pour sa part, et contrairement au vocabulaire bruxellois, que la Réunion, comme les autres Dom-Tom, n'est "pas une terre ultra-périphérique et je ne viens pas vous caresser la tête". Un poncif largement utilisé par presque tous les candidats à la présidentielle en visite dans un DOM fait aussi son retour : "Ce n'est pas la métropole qui va nous dire comment elle va faire pour résoudre les problèmes de la Réunion, c'est l'inverse".

Sur le même terrain du social, Jean-Luc Mélenchon estime que "le progrès humain est le moteur du progrès économique et non l'inverse". Une "offense" que promet de "réparer" le candidat "c'est celle de l'illettrisme". "Nous allons éradiquer l'illettrisme en un mandat". Il trouve ses exemples des progrès "bolivien, vénézuélien, et de l'équateur" en la matière.

Eloignement oblige de la métropole, Jean-Luc Mélenchon évoque comme beaucoup de candidats ses pistes en matière d'auto-suffisance alimentaire. "Qu'on ne me raconte pas d'histoire, l'auto-suffisance alimentaire est possible !". L'agriculture paysanne de la Réunion en "est capable". Mais faut-il encore les (les paysans, ndlr) payer ? "Il faut respecter leur travail en augmentant les payes".

D'un monde à l'autre, il fusille les mesures d'évasion fiscales énumérées, chamboulées chaque matin par le gouvernement actuel. "Personne ne lui a dit (adressé à N.Sarkozy) que l'argent n'avait pas de patrie, alors courrons-les derrière ! (les travailleurs français de l'étranger)". Ce sont des paranoïaques !" en rigole-t-il avec l'auditoire.

Enfin, entre autres sujets d'une discours de près de deux heures, Jean-Luc Mélenchon a touché un petit mot à l'encontre de Marine Le Pen,…à sa manière. Il a solennellement demandé aux électeurs de la "Placez-là derrière moi, placez-là derrière-moi ! Loin derrière !" a-t-il demandé à ses électeurs. Un meeting conclu en beauté sur "L'Internationale" qui a fait gronder la charpente de la Halle des manifestations.

 

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