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Un enfant de 2 ans et demi laissé seul plusieurs heures : la mère poursuivie a été relaxée

Ecrit par P.B. – le jeudi 28 mai 2026 à 18H50

Une mère de famille a été jugée pour délaissement de mineur après avoir laissé seul son enfant âgé de deux ans et demi seul durant près de deux heures. Le tribunal devait répondre à une question plus précise : les éléments constituaient-ils pénalement un abandon de mineur ?

Les faits remontent au 5 juin 2025. Ce jour-là, un voisin donne l’alerte après avoir entendu pleurer un jeune enfant durant une longue période. À l’arrivée des gendarmes, le voisin échange avec l’enfant à travers la clôture du logement. La mère n’est toujours pas présente.

Le témoin explique avoir entendu l’enfant pleurer "depuis plus d’une heure et demie" et être allé vérifier à l’école située à proximité, sachant que la sœur de l’enfant y était scolarisée.

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En pénétrant dans le logement, les militaires constatent la présence d’un couteau et de médicaments à portée de main de l'enfant ainsi qu’un manque d’hygiène général dans le logement.

Une mère absente, un père qui conteste sa présence

La mère ne rentrera qu’environ deux heures plus tard. Lors de son audition, elle explique avoir laissé l’enfant sous la surveillance du père. Selon elle, ce dernier — dont elle est séparée — semblait ce matin-là sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants. Une version contestée par le père qui, lui, nie avoir été présent ce jour-là.

À la suite des faits, les enfants ont fait l’objet d’une mesure de mise à l’abri avant d’être placés chez leur grand-mère.

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L’audience a également rappelé que la prévenue avait déjà été condamnée quelques mois auparavant.

En juin dernier, elle avait été jugée pour des violences commises sur son fils et condamnée à six mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’à un stage parental. Ce stage, affirme-t-elle à l’audience, "lui a appris beaucoup de choses".

Démontrer une volonté définitive

La mère fait par ailleurs toujours l’objet d’un suivi dans le cadre d’une procédure d’assistance éducative.

Car si la situation décrite à l’audience suscite l’incompréhension, voire l’indignation, encore fallait-il démontrer l’existence juridique du délaissement de mineur. "L’infraction suppose un acte volontaire et définitif", rappelle le parquet. "Ce ne peut être une simple négligence".

Au cours de ses réquisitions, le ministère public explique ainsi avoir cherché différentes qualifications pénales pouvant s’appliquer au dossier, s’appuyant notamment sur plusieurs jurisprudences. Il évoque notamment le cas d’une mère partie en discothèque en laissant chez elles ses fillettes, une autre laissant ses enfants dans une maison sans eau ni électricité venant uniquement leur apporter de la nourriture. Des affaires ayant déjà conduit les juridictions à préciser les contours du délaissement de mineur.

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"Privation de soin, mise en péril, abandon moral d’un mineur… rien ne vient ici conforter l’élément matériel", reconnait le parquet.

Pour la défense de la mère de famille, Me Nicolas Dyall partage cette analyse juridique tout en soulignant qu "il y a nécessairement un travail à poursuivre en assistance éducative".

Considérant que l’infraction poursuivie n’était pas caractérisée, le tribunal a finalement prononcé la relaxe.

Etiquettes : Enfants | Tribunal

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