"Il faut rompre le silence" : comment l’affaire Fontano met le cinéma péi sous les mauvais projecteurs

Révélations, témoignages, appels à briser le silence. À La Réunion, l’affaire Fontano agit comme un électrochoc, poussant les professionnels à réagir publiquement. Une réaction attendue face à des accusations qui ébranlent durablement le milieu culturel.
Le communiqué de Reyone, principal syndicat de producteurs de films (fiction, documentaire et animation) à La Réunion, intervient dans un climat particulièrement tendu.
Depuis plusieurs jours, le monde culturel réunionnais est ébranlé par "l’affaire Fontano", déclenchée par une enquête du média national Les Jours. Celle-ci met en cause le réalisateur Vincent Fontano pour des faits présumés de viols et de harcèlement sexuel, dénoncés par quatre femmes.
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Selon les témoignages recueillis, les faits présumés se seraient déroulés dans le cadre de castings organisés à son domicile, avec un mode opératoire décrit comme récurrent. Deux femmes évoquent des viols, deux autres des faits de harcèlement sexuel. L’intéressé conteste fermement l’ensemble des accusations, tandis que son avocat insiste sur la distinction entre parole des parties et vérité judiciaire.
Ces révélations ont provoqué une onde de choc sur l’île. Plusieurs organisations féministes, syndicales et culturelles appellent à "rompre le silence" et dénoncent un problème plus large, "structurel", au sein du secteur culturel réunionnais.
Transformation du secteur
C’est dans ce contexte que le syndicat de producteurs Reyone, principal représentant de la filière audiovisuelle locale, a choisi de prendre la parole. Dans son communiqué, il affirme d’emblée son soutien aux plaignantes.
"Nos premières pensées vont aux quatre femmes qui ont eu le courage de témoigner. Nous savons combien il est difficile de prendre la parole sur de tels faits. Leur parole mérite d’être écoutée, mais surtout entendue. C’est le premier devoir de chacun d’entre nous."
Une prise de position qui s’inscrit dans une volonté de transformation du secteur. "En tant qu’acteurs de la filière cinéma à La Réunion, nous sommes résolument engagés et vigilants pour faire en sorte que notre secteur soit exemplaire et qu’il garantisse à toutes et à tous un cadre de travail sûr."
La publication d’une enquête du média national Les Jours mettant en cause le réalisateur réunionnais Vincent Fontano pour des faits présumés de viols et de harcèlement sexuel provoque de vives réactions à La Réunion. Plusieurs organisations ... https://t.co/guPGgHfshS
— zinfos974 (@zinfoslive) April 24, 2026
Le syndicat rappelle que des mesures concrètes ont été progressivement instaurées. Les producteurs doivent désormais suivre des formations spécifiques sur la prévention des violences et du harcèlement moral, sexuel et sexiste, validées par le Centre national du cinéma et de l’image animée.
Sur les tournages, cela se traduit par des dispositifs précis.
"Affichage des numéros d’urgence, rappel de la législation en vigueur, désignation d’un·e référent·e harcèlement indépendant·e de la production, et mise en œuvre de protocoles visant à garantir un environnement de travail respectueux et sécurisé."
Nécessité d'un cadre juridique
Pour Reyone, ces engagements marquent une rupture avec les pratiques passées. "Ces engagements ne sont pas symboliques. Ils traduisent une volonté collective de faire évoluer durablement nos pratiques. Aucun comportement déplacé ou abusif n’a sa place dans nos métiers."
Dans un secteur désormais sous tension, la question du traitement des témoignages est centrale. "Aujourd’hui, la parole de ces femmes doit être accueillie avec sérieux, responsabilité et respect. Elle doit pouvoir être recueillie dans un cadre approprié", insiste le syndicat, qui rappelle que "la sécurité, la dignité et la liberté de parole ne sont pas des options".
Sans se substituer à la justice, Reyone renvoie à la nécessité d’un cadre judiciaire clair. "Il appartient désormais à la justice de se saisir des faits, de mener les investigations nécessaires, et d’établir les responsabilités."


