Affaire David Vital : Joseph Bréma conteste sa condamnation et annonce faire appel

Condamné dans le cadre de l’affaire David Vital, Joseph Bréma réagit dans un communiqué diffusé ce vendredi. L’ancien dirigeant d’Air Austral conteste les faits qui lui sont reprochés et dénonce une décision qu’il juge disproportionnée.
Une heure après le délibéré rendu par le tribunal judiciaire de Saint-Denis dans l’affaire dite "David Vital", et qui a conduit à une peine de deux ans de prison ferme à l'encontre de ce dernier, Joseph Bréma prend la parole. Dans un communiqué, l’ancien dirigeant d’Air Austral indique « prendre acte de la condamnation prononcée par le Tribunal », tout en annonçant immédiatement avoir « demandé à [ses] conseils de faire appel de ce jugement ».
Rappelons que l'ex-dirigeant de la compagnie aérienne régionale a été condamné ce vendredi matin à 8 mois de prison avec sursis. Il avait procédé à la validation d’une fausse facture de 37.975 euros, émise par une société d’électricité et payée par la filiale Mascareignes Développement (MADEV), au profit de Prométhée, une société dont David Vital était le gérant de fait.
Par voie de presse, Joseph Bréma insiste d’abord sur la nature des faits retenus. Il rappelle que, lors de l’ouverture des débats le 9 février 2026, « le Tribunal […] a rappelé que dans le dossier qui me concerne, il s’agissait d’un acte unique et isolé », venant ainsi contredire « la thèse d’un fonctionnement systémique de fausses factures au sein de la compagnie. Ce qu’une partie de la presse avait pu relayer avant l’audience, sur instigation de personnes mal intentionnées contre moi. »
L’ancien dirigeant critique également le déroulement du procès, évoquant « le non-respect du contradictoire par le Tribunal ». Il déplore que « ni [ses] conseils, ni le tribunal, ni le procureur n’ont pu interroger le principal protagoniste du dossier, qui s’est muré dans le silence à la suite de la décision surprenante du Tribunal de maintenir le procès, contre l’avis de tous y compris le Parquet lui-même. La vérité n’a pu ainsi être connue. »
Une contestation ferme des faits
Joseph Bréma rejette catégoriquement toute implication personnelle dans les faits jugés. « Je conteste fermement avoir commis tout abus de biens sociaux dans cette affaire », écrit-il, affirmant n’avoir tiré « aucun intérêt personnel dans les faits concernés ».
Il précise encore : « Je n’ai rien perçu au titre de cette facture, ni aucun autre avantage, d’ordre personnel, professionnel ou réputationnel », assurant que son intervention visait uniquement à « apurer un passif dont on m’avait assuré de la réalité ».
Dans son communiqué, l’ancien responsable met en avant son parcours au sein de la compagnie aérienne, soulignant que « le respect de l’intérêt social d’Air Austral a toujours été [sa] seule boussole » durant ses 36 années de carrière, avant de préciser qu'il avait « mis un point d’honneur à ce que ma rémunération, à raison de l’exercice de mes fonctions de dirigeant exécutif d’Air Austral, demeure inférieure à celle de mon prédécesseur.»
Une sanction jugée « disproportionnée »
Autre point de contestation : la sévérité de la peine prononcée. Joseph Bréma estime que « la sanction […] est totalement disproportionnée, tant par rapport aux faits […] que par comparaison avec ceux retenus contre les autres prévenus ».
Il évoque notamment une différence de traitement avec d’autres protagonistes du dossier et notamment la sanction proposée au dirigeant de droit de MADEV. « Il suffit de se référer à la sanction proposée par le parquet au dirigeant de droit de MADEV, qui a validé cette facture, dans le cadre de la CRPC validée en janvier 2026 (50 euros par jour d’amende pour 90 jours), pour se rendre compte de la différence de traitement inexplicable dans ce dossier », poursuit-il son argumentation.
Enfin, il dénonce une affaire qu’il qualifie de « dimension “politique” », affirmant que « certaines personnes mal intentionnées ont instrumentalisé ce dossier afin de [lui] nuire ».
Lire aussi : nos articles sur l'affaire David Vital
Avec l’annonce de cet appel, la procédure judiciaire est appelée à se poursuivre devant la cour d’appel. Joseph Bréma indique vouloir y faire valoir « l’ensemble de ces points », dans l’espoir de faire réexaminer les conditions du procès et les éléments retenus contre lui.


