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Home Jacking à La Possession : la victime ligotée, ses agresseurs renseignés par une ancienne aide ménagère

Ecrit par Lucas Candessoussens – le mercredi 25 mars 2026 à 07H49

Ce lundi 23 mars, en comparution immédiate, trois jeunes Portois étaient jugés pour, le premier prévenu, avoir commandité l'opération, et, les deux autres, s'être introduits dans le domicile d'une mère de famille en vue de voler de l'argent.

Ils ont à peine plus de 20 ans et se retrouvent à la barre du tribunal judiciaire de Champ Fleuri pour des faits particulièrement graves. Dylan Jean Rachid A. et Imran S.A.K. doivent répondre de faits de séquestration, menaces et violences. La sœur du dernier est, elle, jugée pour complicité.

Les faits remontent au jeudi 19 mars à La Possession. La victime est chez elle et aperçoit sur sa terrasse deux personnes cagoulées et vêtues de noir. Les deux intrus s'en prennent à elle et l'attachent à une chaise à l'aide de scotch. Les intrus sont loin d'être des experts, la victime parvient à se libérer, non sans se faire violenter par les deux hommes. Surtout que l'un d'eux est armé d'un pistolet.

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La victime parvient cependant à ouvrir sa véranda et à hurler sa détresse. Pris de panique, les deux jeunes hommes prennent la fuite. Ils sont tous les deux interceptés par le voisinage et confondus grâce au témoignage de la victime.

Un plan savamment préparé

Interpellé, Imran S.A.K. va dans un premier temps expliquer qu'il était près du domicile de la victime car il a entendu les appels à l'aide. Mais, au terme de sa garde à vue, il reconnaît les faits. Le jeune homme met en cause sa sœur, Neirah S.A.K., qui leur aurait fourni des informations sur la cible, le scotch et le pistolet d'alarme.

En creusant un peu, on apprend que Neirah S.A.K. avait auparavant travaillé chez la victime en tant qu'aide-ménagère. Lui aussi interpellé, le deuxième homme, Dylan Jean Rachid A., passe à table et conforte la version de Imran S.A.K.

Pas de thunes, pas d'emploi... ils ont cherché la facilité

À la barre, le jeune âge des trois protagonistes frappe. Les faits sont particulièrement graves, sur le plan physique et psychique. Le premier à s'exprimer, Imran S.A.K., s'exprime à voix basse face à la cour : le Portois explique qu'il ne voulait pas faire de mal à la victime, mais que la spirale de la recherche d'emploi l'a conduit à tenter le coup.

Son compère, Dylan Jean Rachid A., livre lui aussi le même récit. Pas de boulot, la promesse d'un gain "facile" ont fini de le convaincre de tenter de braquer cette mère de famille. Tous deux assurent avoir compris la gravité des faits pour lesquels ils sont jugés.

Or, cela contraste pas mal avec le déroulé du scénario : ils apparaissent tous deux comme deux marmailles ayant fait une grosse bêtise et qui ont compris la leçon. Toutefois, c'est trop vite oublier le certificat médical dressé après l'agression de la victime : 4 jours d'ITT. Sans compter la violence de se faire braquer par une arme, même factice ou déchargée.

Les deux hommes ont fait preuve d'une violence inouïe en cette soirée du 19 mars.

Derrière l'agression, une commanditaire

Après l'interrogatoire de Dylan Jean Rachid A. et d'Imran S.A.K., c'est à la sœur de ce dernier, Neirah S.A.K., de passer à la barre. Elle est soupçonnée d'avoir fait du repérage et d'avoir donné aux deux jeunes hommes le matériel nécessaire pour ce home jacking.

Elle fournit des réponses laconiques au tribunal — quand elle ne souhaite pas garder le silence — mais on peut dessiner un "motif" qui l'a poussée à l'organisation : elle avait travaillé pour la victime un an auparavant en tant qu'aide ménagère. Elle décrit une relation professionnelle compliquée entre elle et son ancienne employeuse.

La jeune femme savait que la victime était seule chez elle et qu'un défaut dans la baie vitrée pouvait servir pour rentrer et dérober de l'argent. Pour sa défense, Neirah S.A.K. se dit étrangère concernant le plan ourdi par son frère et son dalon. Sur le fait qu'ils se sont changés chez elle avant le casse ? La jeune femme répond qu'ils étaient là pour se faire coiffer. L'arme ? Un jouet qu'elle a retrouvé et gardé, sans savoir que son frère l'avait pris… Autant de coïncidences qui fragilisent sa défense.

À la barre, une mère courageuse

Après avoir entendu les trois comparses, la victime souhaite s'exprimer à la barre. Elle détaille à la cour comment sa vie a basculé le jour où un accident a handicapé son fils à hauteur de 80 %, obligeant cette mère de famille, séparée, à quitter son travail pour s'occuper pleinement de son garçon.

Une situation dont avait parfaitement connaissance Neirah S.A.K., en laquelle la victime avait placé sa confiance. Elle se sent trahie et évoque son traumatisme qui résulte de cette agression. Elle relate qu'elle n'ose plus dormir chez elle toute seule, se sentant soulagée que son fils n'était pas présent le soir des faits, ce dernier étant chez son père.

Dans sa plaidoirie, l'avocate de la victime admire le courage de sa cliente de ne pas s'être laissée faire et le manque de courage des trois jeunes gens pour être passés à l'acte.

Une réponse pénale ferme requise

Dans son réquisitoire, le procureur fustige l'attitude des trois prévenus. Ces derniers ont tous nié les faits dans un premier temps avant de les reconnaître, particulièrement Neirah S.A.K. qui, jusqu'à cette audience, s'est dite étrangère à cette affaire.

Il rappelle que ces faits peuvent être criminels et donc jugés devant une cour d'assises, en rappelant le mal qu'ils ont fait à la victime. En ce sens, le ministère public requiert une peine de 5 ans d'emprisonnement dont 1 an assorti d'un sursis probatoire. En peine complémentaire, il demande l'interdiction aux trois prévenus de remettre un pied à La Possession pendant 5 ans, sachant que les trois ont un casier judiciaire vierge.

La défense des deux jeunes hommes demande à la cour de revoir le quantum requis. L'avocate de Neirah S.A.K. plaide quant à elle la relaxe pour les faits de complicité.

Après en avoir délibéré, le tribunal a décidé de condamner les trois jeunes gens à une peine de 4 ans d'emprisonnement assortis d'un sursis probatoire d'un an.

Etiquettes : Agression | La Possession

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