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À Madagascar, un "projet à impact rapide" pour relancer la production et l’exportation de riz

Ecrit par S.I. – le mercredi 4 mars 2026 à 09H52

Madagascar pourrait redevenir exportateur net de riz en moins de trois ans grâce au PIR 3M (Projet à impact rapide), présenté lors d’un atelier dirigé par Rija Rakotozanakajy, nous apprend L'Express de Madagascar. Le programme ambitionne d’accroître la souveraineté alimentaire et de permettre l’exportation de plus de 500.000 tonnes de riz par an, sous réserve d’une mise en œuvre coordonnée.

Malgré sa place parmi les trois plus grands producteurs de riz en Afrique, aux côtés du Nigeria et de l’Égypte, Madagascar ne parvient pas encore à satisfaire sa consommation intérieure. Le riz reste l’aliment central des Malgaches et un pilier économique pour des millions de ménages ruraux.

Pourquoi Madagascar importe encore du riz

La consommation moyenne atteint 153,5 kg par habitant et par an, selon le FMI, plaçant le pays au cinquième rang mondial. Pourtant, la production ne progresse qu’à 2 % par an, alors que la population croît de 3 % annuellement, créant un déficit récurrent et un recours régulier aux importations. Le dernier Indice global de la faim (Global Hunger Index – GHI) 2025 indique même que Madagascar fait partie des sept pays au monde (120e sur 123 pays) où la faim reste "alarmante". Pour rappel, près de 40 % des Malgaches subissent la malnutrition.

Pour remédier à ce déséquilibre, le gouvernement mise sur le riz hybride, dont le rendement peut atteindre 8,5 tonnes par hectare contre 2,75 tonnes actuellement. Le projet de loi de finances 2025 prévoit 573 milliards d’ariarys (110 millions d’euros) pour l’achat de semences hybrides destinées aux producteurs, afin de soutenir la montée en puissance de la production nationale.

Lire aussi : Madagascar : l’Union européenne injecte 370 milliards d’ariary pour soutenir l’eau, l’économie et l’environnement

Le PIR 3M combine gestion de l’eau, intensification agricole et développement économique local. La sécurisation de l’eau constitue le socle du programme. Le projet prévoit des forages à effet Venturi, l’exploitation de nappes captives, des bassins de rétention et la valorisation des eaux pluviales pour contrer les effets du changement climatique et stabiliser la production, indique L'Express de Madagascar. La réhabilitation des rizières et des canaux doit permettre 2 à 3 cycles culturaux annuels, augmentant rendements et productivité.

Résilience face aux aléas climatiques

Le PIR 3M privilégie les semences locales adaptées, les engrais organiques malgaches et des traitements phytosanitaires naturels. Ces choix techniques sobres et durables visent à accélérer la croissance de la production rizicole.

Le projet intègre également la diversification agricole et la création de valeur ajoutée, avec des volets sur le manioc à cycle court, l’élevage local, la transformation agroalimentaire, la production d’huile pressée à froid et le recyclage des plastiques pour les infrastructures routières.

Les prochaines étapes pour la mise en place du PIR 3M reposent sur les formalités administratives et les officialisations nécessaires pour lancer les actions sur le terrain. L’initiative s’inscrit dans un contexte où la souveraineté alimentaire et le renforcement de la production de riz sont des enjeux stratégiques majeurs pour Madagascar.

Etiquettes : Madagascar | Riz

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