Incarcéré au Port, il profite de ses permissions de sortie pour monter une nouvelle escroquerie contre des boulangers

Un escroc professionnel a été jugé ce jeudi 19 février au tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour avoir escroqué les propriétaires d'une boulangerie au Tampon qu'il prétendait vouloir racheter. Il a réussi à monter l'arnaque alors qu'il était en détention au Port, mais avait des permissions de sortie. Autre originalité du dossier, le prévenu était jugé depuis l'Hexagone où il s'était rendu avant la fin de sa peine.
Lorsque l'écran s'est allumé pour un direct avec un tribunal de l'Hexagone, Yanis D. avait l'air particulièrement détendu. Et pour cause, c'était la 21e fois qu'il se faisait juger. Son casier comporte quelques mentions pour violences, mais ce sont surtout les condamnations pour escroquerie qui dominent. Deux évasions complètent le tableau.
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En mai 2024, alors qu'il est détenu au Port, il profite de ses permissions de sortie pour prendre contact avec deux propriétaires d'une boulangerie qui veulent vendre leur commerce. L'homme est avenant et amical. Après plusieurs rencontres, dont un dîner, afin de discuter de la transaction, il finit par leur expliquer qu'il a un problème d'argent et qu'il a besoin de 5000 euros. Malheureusement pour eux, ils ne reverront plus Yanis.
“On voit que vous êtes un homme assez charmeur”
“Je reconnais que ce n'est pas la meilleure idée que j'ai eue”, explique-t-il simplement. “Vous avez regretté les 19 autres fois ?”, lui demande alors la présidente du tribunal. Ce à quoi il va répondre avec le sourire par un laconique “aussi”, avant de jurer que “c'est mon passé, c'est derrière moi”.
Un passé effectivement lointain puisque sa dernière condamnation - qui n'est même pas encore inscrite dans son casier - date de fin 2025. La raison : il avait coupé son bracelet électronique pour se rendre dans l'Hexagone. Selon lui, il avait pris cette décision après une engueulade avec sa copine. Toujours avec le sourire, évidemment. “On voit que vous êtes un homme assez charmeur”, lui fait remarquer la juge.
Les victimes, présentes à l'audience, confirment le bagout et l'incroyable capacité à convaincre du prévenu. “J'arrive toujours pas à croire comment j'ai pu me laisser berner. Il est vraiment fort pour nous faire tomber dans le panneau. Jamais j'aurais cru pouvoir me faire avoir comme ça”, avoue l'un des propriétaires. Ils ont depuis fermé boutique suite à la dépression engendrée par cet épisode.
Le destin s'acharne pour l'empêcher de rembourser
“Escroc un jour, escroc toujours. C'est un raccourci qu'on peut faire, mais il a des condamnations en 2025. Ce n'est pas un acte isolé. Ça s'inscrit dans son parcours”, souligne la procureure. C'est pourquoi elle requiert une peine de 9 mois de prison ferme et 1000 euros d'amende.
Bien qu'ayant deux avocats durant la procédure, Yanis D. était seul pour assurer sa défense, sans que l'on sache vraiment pourquoi. Il jure qu'il est prêt à rembourser les parties civiles. D'ailleurs, s'il ne l'a pas déjà fait, c'est parce qu'il avait mandaté son avocate pour demander leur RIB aux victimes, mais elle ne l'a jamais fait, évidemment. Les boulangers assurent qu'il a bien leur RIB, mais celui-ci est resté dans son ancien téléphone, malheureusement. Tout ce qu'il demande aux magistrats, c'est d'avoir une peine aménagée “pour continuer ma réinsertion.”
Le tribunal va suivre les réquisitions en le condamnant à 9 mois de prison ferme. Il doit rembourser 2500 euros à chacune des deux victimes, ainsi que 1000 euros chacune pour le préjudice moral.


