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Santé dans les Outre-mer : le CESE alerte sur des inégalités massives et appelle à une stratégie nationale ambitieuse

Ecrit par N.P. – le mercredi 28 janvier 2026 à 17H26

Surmortalité, pénurie de soignants, accès inégal aux soins, vulnérabilités environnementales : dans un avis adopté à l’unanimité, le Conseil économique, social et environnemental dresse un constat sévère de la situation sanitaire dans les Outre-mer et plaide pour une refonte profonde et territorialisée des politiques de santé.

Les inégalités de santé entre les territoires ultramarins et l’Hexagone restent profondes, durables et insuffisamment prises en compte par les politiques publiques nationales. C’est le constat dressé par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui a adopté à l’unanimité, avec 130 voix pour, un avis consacré à La santé dans les Outre-mer, porté par Éric Leung, rapporteur au nom du groupe des Outre-mer, et Élisabeth Tomé-Gertheinrichs, rapporteure au nom du groupe Entreprises.

Selon les dernières données disponibles, la surmortalité atteint +89 % à Mayotte, +37 % en Guyane et +9 % en Guadeloupe à âge égal par rapport au niveau national. Au-delà des déterminants économiques et sociaux, les Outre-mer cumulent des vulnérabilités sanitaires et environnementales spécifiques : exposition accrue aux polluants, maladies infectieuses et tropicales, événements climatiques extrêmes, précarité sociale et alimentaire, mais aussi pénurie récurrente de professionnels de santé et difficultés de mobilité. Autant de facteurs qui fragilisent l’organisation des parcours de soins et alimentent une perte de confiance dans le système de santé.

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17 préconisations structurantes

Face à ces constats, la délégation aux Outre-mer du CESE s’est saisie du sujet à travers une approche globale, fondée sur plus d’une soixantaine d’auditions d’acteurs institutionnels, d’experts, de professionnels de terrain et des CESER ultramarins. Ce travail a permis d’établir un diagnostic partagé, intégrant les déterminants de santé, la prévention, l’accès et l’organisation des soins, ainsi que les dimensions sociales, environnementales et territoriales propres à chaque territoire.

Dans son avis, le CESE appelle à un changement d’échelle de l’action publique et à la mise en place d’une stratégie nationale ambitieuse, coordonnée et pleinement adaptée aux réalités ultramarines. Il formule 17 préconisations structurantes, visant notamment à mieux identifier les besoins sanitaires grâce à des statistiques de santé comparables à celles de l’Hexagone, à faire de la santé-environnement une priorité des projets régionaux de santé et à corriger les écarts observés en matière d’équipements, de spécialités médicales et de capacités d’accueil.

L’institution plaide également pour un renforcement de la solidarité entre territoires, à travers des partenariats formalisés entre Outre-mer et Hexagone, le développement de la télémédecine, l’accueil d’internes ou encore une gestion prospective de la démographie médicale afin de fidéliser les soignants. Sur le plan de la gouvernance, le CESE recommande la création d’un comité interministériel dédié à la santé dans les Outre-mer, la définition de plans d’action pluriannuels sur les urgences sanitaires et une meilleure coordination entre l’État, les collectivités et les établissements de santé.

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Pour le CESE, ces inégalités persistantes traduisent une rupture nette de la promesse républicaine d’égalité d’accès à la santé. Seule une politique structurée, durable et territorialisée permettrait de répondre aux enjeux sanitaires des Outre-mer et de réduire des écarts qui, aujourd’hui encore, restent massifs.

Etiquettes : CESE | Éric Leung | Santé

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