Fin annoncée du diplôme d’État des éducateurs de jeunes enfants : "un retour en arrière de 53 ans" dénonce Perceval Gaillard

La réforme des diplômes du travail social fait grincer des dents : le DEEJE, pierre angulaire de la formation des éducateurs de jeunes enfants, pourrait disparaître. Le député Perceval Gaillard interpelle le gouvernement et dénonce un recul historique.
Le député réunionnais Perceval Gaillard alerte le gouvernement sur la disparition du diplôme d’État des éducateurs de jeunes enfants (DEEJE), actée par une réforme publiée au Journal officiel. Une mesure qui inquiète fortement les professionnels du secteur, en pleine Journée internationale des droits de l’enfant.
Une réforme qui bouleverse les diplômes du travail social
La publication, le 14 octobre 2025, de cinq arrêtés liés à la réforme des diplômes d’État du travail social marque un tournant majeur pour la filière. Parmi les diplômes concernés : assistant de service social, éducateur spécialisé, éducateur technique spécialisé, conseiller en économie sociale familiale, et surtout éducateur de jeunes enfants.
Selon la Fédération nationale des éducateurs et éducatrices de jeunes enfants (FNEJE), cette réforme signe "la fin des diplômes d’État du travail social de niveau 6", dont fait partie le DEEJE.
Le nouveau cadre prévoit notamment une réduction du volume de stages : la formation pratique des EJE passerait de 60 à 55 semaines. Par ailleurs, le mémoire de recherche, long de 40 à 45 pages, serait abandonné au profit d’un simple dossier de 25 à 30 pages centré sur le parcours de formation.
Autre changement de taille : les compétences évaluées seraient recentrées principalement sur l’accompagnement des familles plutôt que sur l’action éducative auprès du jeune enfant.
Une mise en garde contre la création de "diplômes d’écoles"
Créé en 1973 pour harmoniser des formations auparavant dispersées et garantir un référentiel national, le diplôme d’État des EJE risque de disparaître définitivement. Une situation que Perceval Gaillard décrit comme "un retour en arrière de 53 ans", rappelant que le DEEJE avait été conçu pour structurer et professionnaliser le secteur.
Pour le député, travailleur social de formation, cette réforme constitue un "appauvrissement" de la formation des éducateurs et une perte de spécificité pour les métiers du travail social. Il met également en garde contre la création de "diplômes d’écoles" qui ne garantiraient plus l’homogénéité de la formation sur le territoire.
Il souligne le rôle central des éducateurs de jeunes enfants dans la cohésion sociale et s’inquiète des répercussions de cette réforme sur un domaine déjà fragilisé.
Dans un secteur où les difficultés de recrutement s’accentuent, cette refonte pourrait encore affaiblir l’attractivité d’un métier essentiel. Perceval Gaillard demande à la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées de préciser la position du gouvernement et de répondre aux inquiétudes des professionnels.


