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Interpellée avec 2 kilos de cocaïne à l'aéroport, une mule demande sa libération

Ecrit par Lucas Candessoussens – le mercredi 23 juillet 2025 à 06H38

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Le 9 juillet dernier, Salia B. a demandé, devant la chambre de l'instruction, sa remise en liberté. Incarcérée depuis novembre 2024, date à laquelle les douaniers ont retrouvé 2,5 kilos de cocaïne dans sa valise.

Une dette de 2 000 € a poussé Salia B. à entreprendre le dangereux parcours de mule jusqu'à La Réunion. Cet arriéré, selon la jeune femme de 21 ans, elle l'a contracté suite à des amendes impayées auprès des transports en commun.

Originaire de la banlieue parisienne, elle a donc contacté l'un de ses amis qui l'aurait mise en relation avec des trafiquants de cocaïne. Ces derniers lui ont donc proposé le deal suivant : un voyage direction La Réunion, billet et hôtel payés, en plus de 3 000 € pour le transport de la valise.

Plusieurs fois, Salia B. explique avoir exprimé de la réticence à effectuer le trajet. Or, au bout d'un moment, les trafiquants l'auraient menacée pour qu'elle passe à l'acte.

C'est ainsi qu'en novembre dernier, elle est arrêtée par les douanes à l'aéroport de Roland-Garros en possession de 2,5 kilos.

On se trompe de "salopards"

Une fois à La Réunion, Salia B. était censée rejoindre un point de rendez-vous pour y livrer la marchandise. À la place, elle s'est retrouvée en garde à vue, et encourt désormais 10 ans de prison.

Elle y décrit l'enfermement difficile, loin de ses proches qui sont, eux, domiciliés dans l'Hexagone. Pour son avocat, qui a fait cette demande de libération, Salia B. est prête à retrouver une vie normale.

La robe noire explique que sa famille, à savoir sa mère, son père et son oncle, sont prêts à l'accueillir chez eux. Deux possibilités de commencer un nouveau travail sont également envisageables.

Dans sa plaidoirie, son avocat déplore une situation que l'on retrouve de plus en plus souvent. "Ces gens-là [les trafiquants] n'hésitent pas à sacrifier des jeunes filles pour faire rentrer leurs saloperies sur notre île", déclare-t-il face aux magistrats. "Les salopards, ce ne sont pas les mules", lance-t-il en rappelant les pressions que sa cliente a subies pour effectuer cette livraison.

L'avocate générale, elle, requiert le maintien en détention. Elle rappelle que Salia B. a choisi en son âme et conscience de transporter de la cocaïne jusqu'à La Réunion. Aussi, le ministère public rappelle que les investigations sont toujours en cours en vue d'interpeller les commanditaires.

La décision doit être rendue le 29 juillet.

Etiquettes : Cocaïne | Trafic de drogue

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