Loyers à La Réunion : le privé sous tension, l’Ouest et Saint-Denis en tête des régions les plus chères

Avec un loyer médian de 10,90 €/m², le marché locatif réunionnais affiche une apparente modération. Mais la réalité du terrain est plus complexe. L’Observatoire des loyers pointe une forte pression dans les zones attractives de l’île, et un accès de plus en plus difficile pour les ménages modestes.
Loyer moyen au mètre carré : 10,90 euros en 2024. Sur le papier, La Réunion pourrait sembler relativement épargnée par l’explosion des prix du logement observée ailleurs. Pourtant, derrière cette médiane, le rapport 2024 de l’Observatoire local des loyers (OLPR) - regroupe l'Etat, l'Adil et l'Agorah - dévoile une tout autre réalité. À mesure que l’on affine la lecture, les inégalités territoriales se creusent, et l’accès au logement devient un parcours d’obstacles pour une grande partie des Réunionnais.
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D’un territoire à l’autre, les loyers peuvent énormément varier. Dans l’Ouest, prisé pour sa façade balnéaire et sa proximité avec les bassins d’emploi du Port, la médiane grimpe à 12,70 €/m². À Saint-Denis, autre pôle de centralité et d’attractivité, elle atteint 11,90 €/m². À l’inverse, dans l’Est (CIREST), moins urbanisé et plus enclavé, le loyer moyen chute à 9,20 €/m².
Le rôle de la typologie
Le facteur géographique n’est pas le seul déterminant. La typologie joue aussi : les studios (T1) et les surfaces inférieures à 30 m² se louent bien plus cher au mètre carré. Dans certains secteurs de Saint-Paul ou de Saint-Gilles, les loyers peuvent atteindre jusqu’à 20 €/m² pour ces petites surfaces, contre 8 à 10 €/m² pour des maisons de 100 m² ou plus. Le manque de petites surfaces dans le parc social accentue la pression sur ces biens dans le privé.
Autre paramètre clé : la mobilité. Les logements remis sur le marché voient leurs loyers réajustés à la hausse. À la CIVIS, par exemple, un logement reloué dans l’année coûte en moyenne 2 €/m² de plus qu’un logement occupé de longue date. Un phénomène d’autant plus marqué lorsque le bien est géré par une agence, avec des écarts de 1,50 à 2,40 €/m² selon les territoires.
Pas les revenus suffisants
Malgré des loyers moyens inférieurs à ceux de la métropole, La Réunion reste confrontée à une réalité bien plus difficile en matière d’accès au logement, du fait de la faiblesse des revenus. Les données de l’OLPR confirment une fracture structurelle. 55 % des ménages réunionnais n’ont pas les revenus suffisants pour accéder au parc locatif privé. Et selon les derniers chiffres de l’INSEE, 36 % vivent sous le seuil de pauvreté national. Dans ce contexte, l’augmentation des loyers, même modérée, suffit à mettre à mal les équilibres déjà précaires.



