Dan’ « Ti case en paille »… na pi personne

Salut, Fred !
Je ne suis pas croyant mais ne pouvais faire moins qu’accompagner Fred Espel lors de sa dernière messe en l’église de la Trinité, ce quartier auquel il était si attaché.
J’aurais mieux fait de ne pas y aller !
Le curé, qui aurait dû parler du grand musicien gisant devant lui, n’a parlé que du mois marial et autres fadaises. Heureusement que le dernier fils de Fred nous a livré une homélie très sensible. J’y suis allé de ma larme, comme beaucoup.
Fred ne laisse personne indifférent. Cet homme, mon ami, s’est rendu célèbre avec à peine une douzaine de chansons. Qui dit mieux ! La plus connue est la « Ti case en paille », et bien d’autres, en fait. Il a été auteur, compositeur, interprète. J’ai eu la chance, un jour, de mettre sur CD son instrumental « Séga des îles ». Je voulais alors, sans être un virtuose, faire en sorte que ne fussent pas oubliés des titres qui allaient disparaître.
Cela se passait au Studio Oasis. Lorsqu’il est apparu, il m’a demandé s’il pouvait ajouter un chorus au violon sur deux de ces morceaux. Je n’allais pas refuser, vous pensez bien. C’est ainsi que j’eus l’immense honneur, moi, de jouer avec Fred. Et c’est ainsi que nous tombâmes en amitié.
Fred avait deux instruments de prédiction. Son célèbre violon bleu et sa guitare Gibson Birdland. Plusieurs semaines durant, c’était il n’y a pas si longtemps, j’allais chez lui (nous habitions à cinq cents mètres). Il m’a raconté sa vie et je décidai de l’écrire. Las ! On m’a volé mon ordi et les photos prises par l’ami Dédé. Dédé a conservé ses photos (Ouf !) et moi mes notes. Je vais donc pouvoir continuer à écrire l’histoire de Fred, une histoire plus que palpitante !
Je ne peux faire moins que chanter l’histoire de Fred.
Chanter, que dis-je… je chante faux mais j’écris bien, je crois. Je lui dois cet hommage consistant à faire passer le message d’un amoureux de notre île.
Ce mercredi, à La Trinité, il y eut de très grands musiciens venus saluer l’un de leurs plus grands acolytes. Mahé Déra, Jean-Claude Maître, Gaby Lai Kune, Michou et Célo Albac, Christian Baptisto, Henri-Claude Moutou, j’en passe et des dizaines d’autres…
Sans oublier mon petit frère René-Paul Victoria qui a tenu à venir me chercher et raccompagner chez moi because jambes lourdes.
Salut Fred, tu nous manques déjà.


