Élevages attaqués : des chiens pour défendre les troupeaux

À l’occasion de la présentation de la manifestation Animal Show, la Chambre d’agriculture a appelé à la réalisation d’un plan de lutte contre les attaques d’élevages par des chiens errants. Une des pistes préconisées : l’utilisation de chiens de protection, une pratique déjà utilisée par plusieurs éleveurs de l’île.
Partenaire de la manifestation Animal Show, c’est tout naturellement que le président de la Chambre d’agriculture, Olivier Fontaine, a abordé ce mardi matin, lors de la conférence de presse de présentation de l’événement organisé au Colosse, la question récurrente de l’errance animale et des attaques sur les élevages.
« Les élevages de caprins, de volailles et de petits bovins sont régulièrement décimés. Outre la perte immédiate de cheptel, ces événements provoquent un effondrement de la rentabilité, d'isolement croissant des exploitations et parfois d’abandon pur et simple de l’activité », alerte la Chambre. Olivier Fontaine déplore plusieurs attaques depuis le début de l’année, à la Plaine-des-Cafres, du côté de Saint-Pierre ou encore dans les Hauts de Saint-Leu. « En général, après une attaque, il y a une réaction des autorités avec la pose par exemple de cages, mais c’est en amont qu’il faut intervenir, on connaît les endroits sensibles où il faut agir », appelle l’agriculteur de Saint-Benoît.
La piste des chiens de troupeau
La Chambre souhaite la mise en place d’un plan de lutte impliquant tous les acteurs concernés, les intercommunalités en tête, l’errance animale étant l’un des dossiers dont elles ont la gestion. « Il faut voir comment travailler avec les éleveurs, les collectivités mais aussi les associations de défense des animaux. L’idée n’est pas d’opposer les protecteurs des animaux et les victimes d’attaques, c’est de trouver des solutions communes », plaide le président de la chambre verte.
Parmi les pistes à creuser : le développement de chiens de protection dans les élevages. Une pratique qui se développe sur l’île. Un éleveur de chiens de troupeau sera justement présent lors d’Animal Show. « Il y a des enjeux autour de la formation, des races permettent de protéger les troupeaux », poursuit Olivier Fontaine. À ses côtés, l’organisateur d’Animal Show et propriétaire d’une écurie à Saint-André, Judex Therméa, acquiesce. Lui-même a recours à des chiens de troupeau pour protéger ses chevaux. Il y a quelques années, il avait perdu deux poulains, attaqués par des chiens errants.
De nombreux éleveurs ont déjà recours à des chiens de troupeau de type kangal (berger d’Anatolie), patous, bergers du Caucase ou bergers d’Asie centrale.
« N’attendons pas un drame »
Cette pratique fait déjà l’objet de formations mises en place par la FDSEA, avec le déplacement dans l’île de référents de l’Institut de l’élevage (Idele) pour une semaine entière. Une nouvelle formation doit être proposée cette année, indique le président du syndicat, Stéphane Sarnon : « Il y a une demande des éleveurs mais ce sont des formations qui ont un coût, raison pour laquelle nous avons interpellé la CGSS et le Département ».
Pour obtenir un soutien financier global, la Chambre appelle l’État à intégrer La Réunion et la problématique des chiens errants au plan d’actions national contre la prédation des troupeaux par le loup ou l’ours. « Aux Antilles, des arrêtés permettent d’abattre les chiens errants, est-ce qu’il faut en arriver là ? Je me pose la question, c’est un débat à avoir. Alors qu’il y a déjà eu des attaques sur des enfants, n’attendons pas qu’arrivent des drames pour agir », conclut Olivier Fontaine.


