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Agriculture post-Garance : les attentes dépassent les annonces

Ecrit par Lucas Candessoussens – le vendredi 7 mars 2025 à 17H48

Une table ronde des différents acteurs agricoles, syndicats et élus du monde agricole s’est déroulée en présence du ministre des Outre-Mer, Manuel Valls, et du préfet, Patrice Latron. Une aide supplémentaire est promise par le MOM, mais les agriculteurs restent sur leur faim.

« Dites-moi ce qui fonctionne ou pas ». Dès l’ouverture des discussions, Manuel Valls s’est montré ouvert au dialogue, disposé à prêter une oreille attentive au monde agricole de La Réunion. En préambule de cette réunion exceptionnelle, le ministre a pris le temps de visiter Hell-Bourg, durement touché par le météore Garance, en compagnie de l’édile, Sidoleine Papaya.

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Après avoir brièvement déambulé dans les deux magasins ouverts du village, Sidoleine Papaya, la maire, et Manuel Valls ont tenu un discours sur le rôle des services de secours et militaires pour le désenclavement du cirque.

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Direction ensuite le plateau Sisahaye, où un agriculteur explique au ministre en quelques minutes – emploi du temps chargé oblige – avoir tout perdu. Lui comme ses confrères demandent au ministre d’agir vite pour sauver la filière réunionnaise.

Et justement, Manuel Valls l’a juré hier : ce vendredi est un jour pour les annonces.

Une réunion avec tous les acteurs


C’est donc à Plateau Sisahaye que Manuel Valls a invité tous les acteurs de la filière à une table ronde, écoutant les uns et les autres. On a pu voir les différents syndicats agricoles (FDSEA, CGPER ou encore JA), les représentants des filières fruits et légumes, élevage et canne. Sans oublier la présence du préfet, de la Chambre verte et son président, ainsi que la maire de Salazie et son adjoint délégué à l’agriculture.

Parmi les doléances remontées par les agriculteurs, celle de la lourdeur administrative. « Une paperasse qui nous ralentit », explique un exploitant au micro, devant l’assemblée qui s’est formée. La durée avant l'indemnisation a également été plusieurs fois abordée.

Prenant le micro à son tour, la CGPER évoque « la nécessité de lancer des appels à projet de FranceAgriMer adaptés aux spécificités locales », tandis que les Jeunes Agriculteurs demandent « un coup de main pour les exploitants qui se lancent dans le métier ». Olivier Fontaine, président de la Chambre d’agriculture, souligne l’importance d’avoir des « dispositifs plus réactifs et adaptés qui tiennent compte des spécificités locales ».

Après avoir écouté, Manuel Valls prend la parole et déroule son discours : il promet un accompagnement des agriculteurs et une aide qui reste à définir, à hauteur d’environ 10 millions d’euros. Cela semble s’inscrire dans la continuité du plan du Département qui vise à accompagner les agriculteurs impactés par Garance.

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Des réactions mitigées


À peine le ministre a-t-il terminé son discours que Pierre-Emmanuel Thonon, président du CTICS, prend le micro et donne le ton : « Je ne vais pas dire que ce n’est rien, mais ce n’est pas grand-chose ». Il questionne l’intérêt de ce « complément » annoncé par le ministre. « On est à plus de 400 000 tonnes de canne de perte. Ça représente 40 millions d’euros juste pour 2025. On a besoin de 80 millions pour relancer en 2026. » Il déplore que le système actuel d’indemnisation ne couvre que « 30 % des pertes », loin du nécessaire.

« Satisfait des intentions qui ont été évoquées par le ministre, mais évidemment, au-delà, les dispositifs habituels ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation. Le ministre s’est engagé à travailler sur des solutions pour redresser l’agriculture réunionnaise », détaille Daniel Moreau, président de l’interprofession fruits et légumes de La Réunion. La filière, particulièrement impactée, estime les pertes à 30 millions d’euros sur la production, plus les dizaines de millions d’euros pour les investissements nécessaires à la relance de la filière.

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