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En difficulté financière, la clinique les Orchidées face à un "climat de défiance et de malaise" selon la CFDT

Ecrit par T.L. – le mardi 4 février 2025 à 08H25
Image : capture site internet Clinifutur.

Après un courrier de la CFDT à la Direction du travail dénonçant des délits d'entrave à l'encontre des représentants du personnel, un CSE extraordinaire s'est tenu la semaine dernière à la clinique Les Orchidées en présence du fondateur du groupe Clinifutur Michel Deleflie.

Pas moins de six délits d'entrave contre les élus du CSE de la clinique les Orchidées, c'est ce que dénonce la CFDT dans un courrier adressé à la DEETS qui a donné lieu à l'ouverture d'une procédure d'auditions par les services de l’État

Le syndicat reproche notamment à la direction de la clinique portoise, propriété du groupe Clinifutur, de ne pas avoir consulté les instances représentatives du personnel lors de la nomination, le 10 décembre dernier, d'une directrice d'exploitation par intérim.

Cette dernière, qui avait été embauchée en septembre en tant que directrice adjointe, a depuis démissionné.

« Aucune convocation officielle des instances du personnel n’a été effectuée pour discuter de son départ ou des mesures transitoires à mettre en place. Nous avons simplement été informés, une fois de plus, par une note de direction indiquant que ses tâches seraient “dispatchées” sans plus de précisions ni consultation préalable », déplore la CFDT.

Parmi les autres délits d'entrave avancés par Gaëlle Givran, la responsable CFDT Santé Sociaux branche privée lucratif, figurent « la suppression des agents de sécurité sans concertation » ou encore le « non-respect des délais de convocation des réunions du CSE ».

Mais le vrai point d'ancrage du désaccord entre la direction et la CFDT, c'est « le retour de la directrice d’exploitation sans information ni consultation », après plusieurs mois d'absence et dans un « climat de défiance et de malaise » dont elle est tenue responsable par la CFDT.

Deleflie : « Il faut qu'on communique mieux »

Jointe par Zinfos974, une ancienne secrétaire du CSE et ex-responsable de la cellule ordonnancement de la clinique les Orchidées confirme. Et assure qu'elle a quitté la structure après 16 ans de présence en raison d'un conflit ouvert et stérile entretenu, selon elle, par cette même directrice d'exploitation.

« Il faut qu'on communique mieux entre direction, représentants du personnel et salariés », admet Mathias Deleflie, directeur général de la clinique du Port et successeur désigné de son père à la tête du groupe Clinifutur, Michel Deleflie. Le DG des Orchidées reste prudent à l'évocation de la situation de la directrice des soins, une cadre récemment remise au placard dont elle avait été libérée, selon la CFDT, durant l'absence de la directrice d'exploitation.

« Tous les cadres sont reçus lors des entretiens annuels. Ces situations peuvent y être évoquées », élude Mathias Deleflie, qui ajoute : « On est en train de recruter également un directeur adjoint pour faire l'interface avec les représentants du personnel et les salariés, à deux ils seront plus efficaces ».

Clinique les Orchidées
Capture d'écran site internet Clinifutur.

La semaine dernière, lors d'un CSE extraordinaire, c'est bien Michel Deleflie qui a pris la parole pour s'adresser aux syndicalistes. Certains d'entre eux auraient été surpris des questions pressantes du fondateur du groupe portant sur l'origine d'un courrier envoyé à la presse quelques jours plus tôt.

« Le CSE extraordinaire, c'était pour justement expliquer que le délit d'entrave, c'était de l'ordre de la maladresse, par manque de temps. Il y avait la volonté de faire vite, pour dire qu'il y allait avoir une organisation qui allait être mise en place », assure la communication du groupe.

La certification de qualité des soins obtenue

Mathias Deleflie insiste pour sa part sur la certification de la qualité des soins décernée par la HAS (Haute autorité de santé) pour démontrer la bonne marche de l'établissement. Avec un résultat d'exploitation négatif de -3.996.887 euros pour l'exercice 2023 et un résultat courant avant impôts de -4 .765.736 euros, la clinique les Orchidées figure parmi les rares établissements du groupe, qui rayonne au-delà du département, à afficher de telles pertes.

Pour Mathias Deleflie, ce déficit s'explique notamment par le fait que deux des principales activités de la clinique les Orchidées, l'oncologie et la maternité, font désormais face à la concurrence du Chor de Saint-Paul. « On a une activité qui n'arrête pas d'augmenter en chirurgie, on vise l'équilibre financier dans deux ans », informe le directeur général de la clinique.

Du côté de la communication du groupe Clinifutur, on concède « certainement des questionnements sur l'avenir, l'organisation », chez certains des 260 salariés (dont une cinquantaine de médecins) du Port, mais on souligne que l'inquiétude touche la plupart des établissements privés de l'île, en raison d'une faible revalorisation des financements publics notamment.

La CFDT, pour sa part, rappelle les cliniques à leur obligation d'appliquer l'avenant 33 de la convention nationale collective de l'hospitalisation privée, signé en 2023, dont l’État a finalement refusé de financer l'application.

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