Revenir à la rubrique : Faits divers

Saint-Leu : Il fait vivre un enfer à tout le voisinage

Ecrit par Gaëtan Dumuids – le vendredi 17 janvier 2025 à 06H03

Un Saint-Leusien de 20 ans était jugé mercredi 15 janvier en comparution immédiate pour avoir terrorisé son voisinage. Déjà condamné l'année dernière, il a écopé d'un an de prison, dont 10 mois avec sursis.

À 20 ans, Quentin est le cauchemar de son voisinage. Le jeune homme, qui a été condamné en août dernier pour des faits de violences avec armes contre 6 voisins, était de retour au tribunal pour des menaces et des dégradations sur une autre voisine. Celle-ci subit fréquemment des insultes de sa part, reçoit des jets de galets sur son toit et a même un matin entendu un gros “boom” avant de découvrir sa voiture dégradée avec une grosse pierre à côté. Elle a fini par déposer plainte, avec un enregistrement audio à l'appui pour les insultes.

Lire aussi : Déclenchement d'un téléphone grave danger : très lourde peine pour le conjoint violent

Pour le prévenu, il n'y a aucun doute : c'est un complot du voisinage contre lui pour l'envoyer en prison. Il affirme que les voisins sont jaloux de lui, car il ne paye pas de loyer et qu'il a 46.000 followers sur Instagram. Il laisse même entendre que sa voisine est secrètement amoureuse de lui. Il va même affirmer qu'il avait voulu porter plainte contre eux, mais “qu'il n'a pas eu l'occasion.”

“Cela fait beaucoup de témoignages qui laissent à penser que soit vous êtes victime d'un complot, soit qu'il y a un comportement problématique de votre part”, tance la présidente du tribunal. Ce à quoi il va répondre qu'il a “peut-être des problèmes psychologiques”, comme le pense également son père.

L'expert psychiatrique qu'il a rencontré va noter une déficience intellectuelle légère et des émotions de vécus persécutoires, mais ne relève aucune altération du discernement, ni de dangerosité psychiatrique.

Témoignages contre expertise psychiatrique

Pour la procureure, l'ensemble des faits sont caractérisés par les témoignages. “Ce qui est inquiétant, c'est que les faits concernent tous les voisins et pas juste une personne avec qui il est en litige. Il n'y a aucune pathologie qui explique son passage à l'acte, mais il y a une persistance des faits alors qu'il a été jugé en août”, argue la parquetière qui craint qu'il reproduise les mêmes faits ailleurs. C'est pourquoi elle requiert une peine de 12 mois de prison avec maintien en détention, tout en gardant le sursis du précédent procès afin de s'assurer qu'il ne recommence pas.

Pour Me Florence Boyer, il y a “une présomption de culpabilité” contre son client. La victime ne l'a jamais vu directement faire les dégradations, tandis que les menaces de mort étaient dirigées vers un autre voisin et non la plaignante. “Il est présumé coupable, mais le doute doit toujours profiter à l'accusé”, rappelle-t-elle. La robe noire va également remettre en doute l'expertise psychiatrique, relevant que l'expert est la seule personne qui considère que Quentin n'a pas d'altération du discernement, contrairement à ses voisins et ses parents qui “sont tous unanimes.”

Des arguments entendus par le tribunal, qui va le relaxer pour les menaces de mort et les dégradations. Il est condamné pour le surplus à une peine de 12 mois de prison, dont 10 avec sursis. Les deux mois ferme ont déjà été effectués lors de sa détention provisoire. Il a interdiction de paraître au domicile de la victime et d'entrer en contact avec elle.

Etiquettes : Menaces | Saint-Leu

Dans la même rubrique

0💬
Tri :