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Après ses vacances aux Seychelles, Sarkozy enchaîne sur le procès Kadhafi

Ecrit par N.P. – le lundi 6 janvier 2025 à 17H39

L'ancien ministre de l'Intérieur est accusé d'avoir passé un pacte de corruption avec l'ex-dictateur lybien Mouammar Kadhafi, dont les financements occultes auraient facilité ses ambitions d'accès à la présidence de la République. Nicolas Sarkozy comparaît notamment, avec douze autres prévenus, pour financement illégal de campagne et association de malfaiteurs.

En attendant de recevoir son bracelet électronique, Nicolas Sarkozy était en famille ces derniers jours aux Seychelles, pour les fêtes de fin d'année. Ce lundi 6 janvier, l'ancien maire de Neuilly a fait son retour médiatique sous la grisaille parisienne, à l'occasion de l'ouverture du procès de l'affaire Kadhafi, son ex-ami dictateur, mort lynché par la foule en 2011 après qu'une résolution de l'ONU portée par la France a autorisé l'usage de la force contre le régime lybien.

A l'époque du présumé « pacte de corruption » passé avec Mouammar Kadhafi, en 2005, Nicolas Sarkozy était ce ministre de l'Intérieur ambitieux et démagogue, qui promettait de nettoyer les cités au Kärcher et paradait devant les caméras de télévision.

Sarkozy et toute sa bande


Désormais âgé de 69 ans, il comparaît pour son cinquième procès en 5 ans, après avoir déjà été condamné en première instance et en appel dans les affaires Bygmalion et Paul Bismuth. C'est cette dernière affaire, dont le verdict (trois ans d'emprisonnement, dont un an ferme pour corruption et trafic d'influence) a été confirmé en cassation, qui lui vaut d'être le premier président de la République français condamné à porter un bracelet électronique.

Durant ces prochains jours, Nicolas Sarkozy devra répondre des chefs d'accusation de corruption, recel de détournement de fonds publics, financement illégal de campagne et association de malfaiteurs. Il sera accompagné dans le box des accusés de sa bande de proches aux réputations troubles et sulfureuses, à l'image d'Éric Woerth, Alexandre Djouhri, Ziad Takkieddine, Claude Guéant, Brice Hortefeux ou Thierry Gaubert.

Selon les juges, le Guide lybien aurait promis 50 millions d'euros à Nicolas Sarkozy pour que ce dernier puisse assurer son accession à l'Elysée, en l'échange d'une promesse de réhabilitation de l'image de la Lybie sur la scène internationale.

Largement documentée durant de longues années par les journalistes de Mediapart, l'affaire Kadhafi pose notamment la question du traitement accordé à l'ancien chef des Renseignements de Kadhafi, Abdallah Senoussi, actuellement détenu en Lybie pour crimes de guerre.

Ce dernier aurait monnayé une amnistie avec la France dans l'affaire de l'attentat en 1989 contre le DC-10 de la compagnie UTA, lequel avait causé 170 morts dont 54 Français.

Etiquettes : Nicolas Sarkozy

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