"L'atelier de Sainte-Marie" s'attaque au découpage cantonal

"L’atelier de Sainte-Marie" a grandi depuis sa création il y a un an. De nouveaux jeunes souhaitent s’impliquer dans la vie citoyenne, s’interroger sur les problématiques de notre société. Une antenne dans l'ouest devrait même se créer prochainement.
En une année, deux thèmes ont été approfondis, étudiés, débattus: le budget de proximité pour les conseils de quartier et la parité dans les fonctions électives. Des échanges avec les décideurs permettent aujourd’hui à "l’atelier de Sainte-Marie" de dire que leurs propositions ont été entendues et parfois suivies…
Le deuxième point sur la parité est encore en gestation le temps de recenser et constater les différences de poste entre les hommes et les femmes. Mais d’ores et déjà, les jeunes mettent en exergue la différence frappante des responsabilités confiées aux uns et aux autres (les hommes s’occupent des affaires d’urbanisme, d’habitat et d’aménagement alors que les femmes se cantonnent à la famille et la petite enfance. Ou encore, 5 femmes sont 1ères adjointes contre 18 hommes). Affaire à suivre.
Cette fois, épaulés par le doyen de l’association Emmanuel Lemagnen et par leur "grand témoin", Philippe Jean-Pierre, professeur-chercheur agrégé d’économie à l’IAE de la Réunion, "l’atelier de Sainte-Marie" a mis le doigt sur le découpage cantonal.
A la Réunion, le type de découpage, datant de 1949, est intracommunal. Une caractéristique bien locale au regard de ce qui se fait en métropole. Or le constat est le suivant pour l’association: cette "originalité péi" n’est pas forcément bénéfique. "Le rôle du conseiller général est totalement biaisé", explique le président de "l’atelier de Sainte-Marie", Yoann Chane-To.
Du coup, la population se retourne de façon automatique vers la mairie, surtout quant on sait que 71% des maires Réunionnais sont également conseillers généraux.
Pour l’association, il est temps de proposer un "mélange entre le découpage intracommunal et communal". Plus concrètement, imaginez un canton composé de la Rivière des Pluies et Domenjod ou la Ravine des Chèvres et Bagatelle. Sur le territoire réunionnais, il existe de nombreux exemples comme ceux-là, des découpages qui permettraient de regrouper des territoires similaires, connaissant les mêmes problématiques, à cheval sur deux communes.
Or, le redécoupage sera inévitable pour certaines villes dont la population a grossi. Avant mars 2010, quatre territoires seraient concernés: Sainte-Marie (avec 33 000 habitants, c’est le plus grand canton), Saint-Paul, Saint-Louis et Saint-Pierre. "Alors pourquoi ne pas opter pour un redécoupage géographique efficace?" se demandent les jeunes. Une proposition qui va faire l’objet d’une lettre adressée à Alain Marleix, le Secrétaire d’Etat à l’intérieur et aux Collectivités territoriales.
L’année 2009 commence fort et risque de se poursuivre à ce rythme car les propositions de thèmes de réflexion des jeunes de l’association ne manquent pas : la problématique de gestion de l’eau, les petits commerçants, les indemnités des élus…


