Avant son départ, le recteur dresse son bilan d'une année "intense" à l'Académie de La Réunion

Au début de son intervention, Mourier a rappelé la singularité de l'Académie de La Réunion. "Nous sommes équivalents à la Guyane, à la Guadeloupe et à la Martinique réunies", a-t-il affirmé, soulignant l'importance de l'académie dans le paysage éducatif français. Sa rétrospective de l'année écoulée a été empreinte d'admiration pour les acteurs du système éducatif. "J'ai beaucoup d'admiration pour l'ensemble des collègues, enseignants, chefs d'établissement, et toute l'équipe du rectorat. Ça fonctionne, et les résultats sont là pour le prouver", a-t-il déclaré, mettant en lumière "l'engagement collectif" des équipes.
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Pierre-François Mourier a également évoqué le vivre-ensemble réunionnais, qu'il considère comme "le bien le plus précieux" de l'île. Il a exprimé son espoir de voir cette culture "de diversité et d'apaisement" se maintenir, même face aux défis contemporains, insistant sur la nécessité d'élever les enfants "dans le respect des valeurs républicaines".
Gestion des tensions à l’Université de La Réunion
Un point marquant de son mandat a été la gestion des crises au sein de l’Université de La Réunion, notamment la suspension de son président, Frédéric Miranville. "Ce que je veux que tous les Réunionnais en soient fiers, c'est que l'Université de La Réunion est un joyau", a-t-il affirmé, soulignant "la richesse et la diversité" de l’enseignement supérieur sur l'île.
Concernant la suspension de Frédéric Miranville, le futur ex-recteur a précisé : "M. Miranville est suspendu de ses fonctions pendant un an, et il ne participera donc pas au processus électoral". Il a également évoqué la nomination de Jacques Comby en tant qu’administrateur provisoire, qui doit organiser de nouvelles élections pour un président de l’université dans un cadre "démocratique".
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Des réformes pour l'inclusion et la valorisation de la langue créole
Pierre-François Mourier a mis en avant plusieurs initiatives qu'il a soutenues au cours de son mandat, notamment la valorisation de la langue créole dans le système éducatif, la réforme des groupes de besoins, et l'amélioration des périodes de formation en milieu professionnel (PFMP). "À La Réunion, près de 80 % de nos élèves sont créolophones de naissance", a-t-il rappelé, insistant sur l'importance d'intégrer le créole dans l'éducation afin de favoriser l'épanouissement des élèves.
En ce qui concerne les groupes de besoins, il a précisé que leur création a été mise en place dans 100 % des collèges, une initiative "qui témoigne de l'engagement des équipes éducatives pour répondre aux besoins spécifiques des élèves". "Ce n’est pas forcément le cas général ailleurs, ce qui signifie qu'il y a eu beaucoup de travail réalisé", a-t-il déclaré, se réjouissant des progrès accomplis.
“Les UEEA (unités d'enseignement en élémentaire autisme), depuis la rentrée à l'école Edmond Albius, ça aussi c'est très concret. Ça permet à des élèves qui étaient exclus du système scolaire d'y être intégrés désormais”, a-t-il poursuivi.
Pierre-François Mourier a aussi abordé la question des périodes de formation en milieu professionnel (PFMP), "cruciales pour l'intégration des élèves dans le monde du travail". "Nous avons travaillé pour améliorer la qualité de ces formations, afin qu'elles soient en adéquation avec les attentes des employeurs", a-t-il indiqué.
Les défis futurs pour l'Académie
En dépit des réussites, le recteur n'a pas occulté les défis qui attendent son successeur. Le décrochage scolaire, les grossesses précoces et les tensions liées aux phénomènes de bandes aux abords des établissements scolaires ont été des sujets de préoccupation. "Ces phénomènes dépassent complètement l'Éducation nationale", a-t-il déclaré, appelant à une collaboration inter-institutionnelle pour lutter contre ces enjeux.
Le recteur a par ailleurs souligné l'importance d'élargir l'accès à l'enseignement supérieur sur l'île. Selon lui, cela nécessite une croissance significative de l’Université de La Réunion dans les années à venir. Il a mentionné que l'ouverture d'un cycle complet d’études en santé représente un pas important vers cette ambition, permettant aux étudiants de suivre l'ensemble de leur formation sur place.
En mettant l'accent sur le développement des compétences des jeunes, il a précisé que cela concerne non seulement les filières générale et technologique, mais aussi les formations professionnelles supérieures, essentielles pour leur avenir. Pierre-François Mourier a également insisté sur la nécessité pour les élèves d'adopter une perspective de mobilité, en notant que, bien que l'Hexagone offre des opportunités accessibles, d'autres débouchés existent également en Afrique du Sud et en Europe.
Enfin, Pierre-François Mourier a souligné la collaboration "positive" qu’il a entretenue avec les élus de l'île, des maires aux parlementaires, en passant par les présidents du conseil départemental et de la Région. Ce partenariat, selon lui, a permis d’avancer sur des dossiers importants comme l’inclusion des élèves en situation de handicap, avec plus de 10 % d’élèves bénéficiant de ce programme, et le développement de la carte des formations avec la Région Réunion.
En conclusion, Pierre-François Mourier a exprimé sa gratitude envers tous les acteurs du monde éducatif réunionnais et a rappelé l'importance de poursuivre les efforts pour l’avenir des jeunes de l'île. "Le travail avec les élus est précieux, car nous avons les moyens de travailler de manière harmonieuse ensemble", a-t-il conclu, souhaitant que son successeur, Rostane Mehdi, poursuive le travail entamé avec la même détermination.


