Comparatif TNT entre la Réunion et la métropole, une TNT locale au rabais ?

Si l'on compare notre TNT réunionnaise à la TNT métropolitaine, le constat est simple, il manque des chaînes. A minuit ce soir, la Télévision numérique terrestre débarque sur notre île. Conséquence, adieu Tempo et bonjour à 10 chaines gratuites, Réunion 1ère, Antenne Réunion, France 2, France 3, France 4, France 5, France O, Arté, France 24, Télé Kréol. Sur ces 10 chaînes, a part Réunion 1ère (anciennement Télé Réunion) et Antenne Réunion, seules huit sont plus ou moins nouvelles.
Où sont passées les chaînes comme Gulli, TMC, Direct 8, NT1, W9, Itélé, NRJ12, LCP/PublicSénat, BFM TV, DirectStar… et bien sur les deux chaines qui font, par leur absence, grincer les dents des Réunionnais : TF1 et M6.
Un bilan coût/avantage pas intéressant pour les chaînes privées
Une des grandes explications à ce renoncement de leur diffusion, pour le moment, sur la TNT dans les DOM, le bilan coût/avantage qui n'est pas intéressant pour les chaînes privées. Une explication qui est donnée dans le rapport du CSA, d'Alain Méar, membre du collège du CSA, (rapport remis le 3 juillet 2008 à Yves Jego, ancien secrétaire d'État à l'Outre-mer, Eric Besson, ancien secrétaire d'État au développement de l'économie numérique et Christine Albanel, ancienne ministre de la culture et de la communication) : "Dressant un bilan coût/avantages de leur présence, dans un proche avenir, dans l’offre télévisuelle de la télévision numérique, les chaînes privées métropolitaines ne manquent pas d’insister sur le prix de l’acheminement de leurs programmes sur place, en sus du coût de leur diffusion, sur la nécessaire détention des droits outre-mer des programmes, sur les coûts du traitement du décalage horaire, c’est à dire sur autant de dépenses qui ne pourront être compensées par un accès aux ressources d’un marché publicitaire dont l’étroitesse interdit, dans l’immédiat, tout espoir de recettes".
Entre le coût de déploiement pour une chaîne privée sur la TNT dans les DOM estimé à 800.000 euros/an et le faible rendement publicitaire, estimé à 75 millions d'euros sur notre île (tout type de médias confondus presse, radio, TV), par rapport à la valeur du marché publicitaire en métropole estimé à 33 milliards d'euros, les chaînes privées n'ont pas voulu investir dans la diffusion numérique terrestre et "s’accommodent d’un maintien et d’une poursuite de ces accords commerciaux", accords conclus avec Antenne Réunion sur notre île.
Des craintes de la part d'Antenne Réunion ?
Lors de la rédaction du rapport CSA sur la TNT en 2008, l'arrivée des chaines privées TF1 et M6 en direct était vécue comme "la chronique d'une disparition annoncée" pour les chaînes privées d'Outre-Mer, dont Antenne Réunion. Christophe Ducasse, PDG d'Antenne Réunion, demeurait "vigilant" vis-à-vis de la possibilité de la venue de ces chaînes à la Réunion, mais "même si TF1 faisait partie du bouquet, ce qui n’est pas sûr, le décalage horaire et l’impossibilité de diffuser TF1 à J + 1 en raison du journal télévisé font que notre chaîne n’est pas menacée", déclarait-il dans un entretien au Quotidien en juillet 2008.
Au final, entre le coût du déploiement des chaînes privées sur la TNT dans les DOM, les faibles perspectives de recettes publicitaires du marché local et la crainte des chaines privées, dont Antenne Réunion, de voir débarquer ces chaînes métropolitaines, c'est le téléspectateur réunionnais qui est le grand perdant d'une TNT que l'on pourrait considérer au rabais.
Le rapport du CSA conclut que "l'absence d’intérêt, dans l’immédiat, de la part des chaînes privées métropolitaines, craintes manifestées par les chaînes privées ultramarines, nécessité d’éviter que l’arrivée, porteuse de progrès, de la télévision numérique ne devienne une source de désordre ou de discorde, tous ces facteurs militent, à l’évidence, en faveur de l’adoption d’une démarche pragmatique pour mieux réussir l’introduction d’une offre télévisuelle élargie et gratuite dans les collectivités d’outre-mer", une démarche pragmatique qui se traduit par la montée en puissance du rôle de RFO.
Pour rappel le bouquet TNT gratuit en métropole est composé de TF1, France 2, France 3, France 4, Canal + en clair, France 5, France 0, Arté, France 24, M6, Direct 8, W9, TMC, NT1, NRDJ12, LCP/PublicSenat, BFMTV, Itélé, DirectStar, Gulli, plus les chaînes locales, soit au minimum 20 chaînes.
A la Réunion, il faudra se contenter de 10 chaînes, Réunion 1ère, Antenne Réunion, le bouquet France Télévisions, Arté, France 24 et Télé Kréol.
Pour avoir une partie des chaînes privées du bouquet TNT métropolitains, il ne vous reste plus qu'à vous abonner au satellite ou à prendre un abonnement internet incluant l'offre télévision.



