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La réforme des retraites: une formidable régression sociale

Ecrit par zinfos974 – le lundi 6 septembre 2010 à 18H30

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Le recul de l'age légal de départ à la retraite nous ramène trente ans en arrière... Le gouvernement nous explique que l'on ne peut pas faire autrement parce que le rapport entre actifs et retraité évolue défavorablement. Aujourd'hui 10 actifs financent 4 retraités quand, dans 40 ans, 10 actifs financeront 8 retraités...

En rester à ce constat c'est oublier que dans le même temps la croissance moyenne sera de 1,6% l'an, en volume (c'est le chiffre des gouvernants), c-a-d que la richesse créée en monnaie constante, doublera en 2050.

Aujourd'hui, en prenant comme hypothèse un « gâteau » égal à 100 nous sommes 14 ( 10+4) à nous le partager ,soit 100/14=7,14/personne; dans 40 ans le « gâteau » égal à 200 sera partagé par 18 personnes (10+8) soit 200/18=11.1par personne. Eh oui! le gâteau aura doublé et pas la population, la part revenant à chacun devrait augmenter : c'est pourquoi nous avons multiplier par 4,5 les dépenses de pension depuis 1960...Nous pouvons même remarquer que la part restante du gâteau sera plus importante, qu'aujourd'hui, à partager entre l'investissement et l'augmentation du niveau de vie.

Ainsi, objectivement,il n'y a pas de problèmes de financement des pensions; alors pourquoi la propagande gouvernementale martèle-t-elle que pour sauver notre système de retraite par répartition, il faut sacrifier le niveau des pensions?

La réponse est peut-être dans le montant des sommes en jeu : 40% de la part salariale (les cotisations sociales patronales) échappent aux marchés financiers. Gourmands, les assureurs, les banquiers ne rêvent que de pouvoir mettre la main sur ce trésor non pour le faire fructifier collectivement au mieux pour la société, mais bien pour en tirer profit.

Diriger ces cotisations patronales vers les marchés financiers c'est aussi réduire l'efficacité du système solidaire de la répartition et inciter les individus à recourir chacun dans son coin à des placements devant permettre la constitution d'un patrimoine.

D'une mesure deux effets qui se complètent pour former un océan de liquidités disponibles pour la finance. Les années récentes abondent d'exemples nous montrant que si cette manne peut effectivement être profitable pour certains elle est source d'appauvrissement pour l'immense majorité. Il n'est pour s'en convaincre que d' observer les conséquences sur les fonds de pension anglais des déboires de la compagnie pétrolière British Petroleum. Investi en actions "BP" l'épargne de millions de britanniques s'est diluée bien plus rapidement que le pétrole dans le golfe du Mexique. Peut-on raisonnablement confier nos pensions de retraites aux prédateurs de la finance ?

Ce serait revenir à un système d'épargne individuelle passant par des assurances privées comme c'était le cas avant la mise en place par le CNR en 1945 du système par répartition. Nous sommes bien dans un processus de régression sociale, de retour en arrière.

Le progrès, en revanche, c'est de développer notre système solidaire, plus juste mais aussi plus efficace si l'objet est de permettre à chacun de pouvoir jouir d'une retraite avec une pension décente.

C'est possible en augmentant les cotisations patronales qui n'ont pas bougé depuis 1996. Le COR (Conseil d'Orientation des Retraites) estime à 0,375 point par an l'augmentation des cotisations patronales nécessaire à l'équilibre du régime des retraites. Est-ce insurmontable?Cela permettrait de redonner par le biais des cotisations une partie de la richesse produite à ceux qui l'a créée tous les jours à savoir : les travailleurs.

Le choix est politique. Depuis deux siècles le mouvement est continu, nous travaillons moins pour gagner plus : c'est cela le progrès social. Pourquoi devions nous faire marche arrière ? Au profit de qui ? Des actionnaires des entreprises du CAC 40 ?

Éric Ducroux

 

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