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Le plan de baignade de la préfecture est une ineptie

La semaine dernière, la presse nous apprend que la mairie de St Paul envisage d’ajouter aux interdictions de baignade, existantes dans la réserve marine, de nouvelles interdictions, pour des prétextes aussi loufoques que malhonnêtes.
Ecrit par zinfos974 – le dimanche 5 septembre 2010 à 09H45

Les soi-disant accidents à répétition dans les sites en question sont en réalité des faits-divers en nombre négligeable en se référant aux statistiques. Quant à l’argument de la légende du parapluie administratif qui est sans cesse martelé sans pour autant devenir vrai, on doit rappeler que toutes les fois où la responsabilité d’une collectivité a été mise en cause au tribunal administratif pour des faits-divers en pleine nature, les plaignants ont été déboutés (accident mortel de Bras rouge et de la Fournaise).

Lors du dramatique accident de canyoning à Salazie en début d’année, c’est bien le préfet qui a dissuadé le maire qui voulait réagir avec un arrêté "émotif" d’interdiction.

On apprend aussi que c’est la préfecture qui est à l’origine de cette initiative. Il est donc légitime de s’inquiéter sur l’extension de cette dérive aux autre communes : plus de baignade au pont et au tournant à l’Etang salé ? Plus de surf à Grande Anse ou Manapany ? Interdiction générale de pêche à la gaulette sur les falaises de St Philippe et Ste Rose ?

Les Réunionnais sont-ils en train de devenir les cobayes du contrôle généralisé des activités ? Bientôt devront nous porter un bracelet électronique pour vérifier que nous sommes en zone autorisée ? Devenons nous des exclus de notre propre nature, avec zones réservées à quelques privilégiés ?
Les Réunionnais ne vont pas oublier les élus locaux qui ne nous respectent pas. A bientôt pour les élections, eux aussi vont « goûter », on va leur interdire l’accès au pouvoir, car eux ils sont plus dangereux que la nature.

Chaque année, les plages de l’Atlantique et les montagnes métropolitaines connaissent leur fait-divers sans pour autant que les élus de là-bas ne pondent de pareilles interdictions.

L’information et la responsabilisation sont bien mieux développées qu’à la Réunion. L’administration et les élus locaux prendraient donc les Réunionnais pour des débiles ? Ou des Français de seconde zone ?

Aussi on peut se demander, alors que les mêmes élus nous causent de « surfréquentation », s’ils n’ont pas plutôt la préoccupation de réserver certains sites aux activités professionnelles lucratives : club de plongée au cap La Houssaye et écoles de surf à 3 bassins ?

Le seul cas de condamnation est bien celui du défaut d’entretien de la passerelle à Salazie qui avait causé la mort d’une touriste qui était passée à travers. Cela signifie que la pertinence pour les élus serait justement de limiter les aménagements (qu’ils n’entretiennent pas) dans les sites naturels, d’abord pour préserver leur caractère naturel, ensuite pour éviter d’engager leur responsabilité, tout en diffusant de l’information par des panneaux sur les sites en plusieurs langues.

 

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