Lettre ouverte au procureur général de la République
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Monsieur le Procureur général,
Nous avons appris avec ahurissement dans la presse quotidienne relayée à 12 h 30 par la télé qu’un juge unique avait rendu un jugement favorable à des mis en cause, à savoir le président du temple Pandialé de Saint-Pierre et ses tambourinaires.
Nous avons été fortement étonnés d’y apprendre que le procureur avait demandé la relaxe, ce qui n’est pas la tâche d’un procureur, lequel doit, au contraire, argumenter en faveur de la partie civile.
Mais le pompon, c’est quand même la motivation de ce jugement : le délit est reconnu mais estimé (sur quels critères hautement subjectifs ?) non intentionnel de la part du mis en cause.
Ainsi donc, c’est de façon tout à fait fortuite et involontaire qu’un religieux hindouiste et ses tambourinaires jouent du tam-tam la nuit devant leur temple.
Plainte a été déposée contre ce tapage nocturne depuis belle lurette et c’est tout à fait involontairement qu’ils n’en ont pas tenu compte !
Le vacarme causé par ces roulements de percussions est si intense qu’il peut s’entendre à un kilomètre à la ronde.
Les personnes incommodées par leur bruit doivent donc être nombreuses même si toutes n’auraient pas porté plainte.
En conséquence, ce jugement est préjudiciable à plus d’un titre.
Il désavoue la loi française qui interdit à quiconque le droit de nuire à autrui.
Il ouvre très grandes les portes du communautarisme à La Réunion.
Il fait l’éloge du bruit en accordant le droit de nuire à ses voisins pour des motifs religieux.
Il ouvre une seconde jurisprudence opposée à la jurisprudence française métropolitaine en matière de nuisances sonores.
Les églises de métropole ne sonnent plus l’angélus de 6 h du matin depuis belle lurette partout où cela causait un préjudice.
À La Réunion, certaines pratiques barbares ou inciviles continuent à être autorisées sous couvert de motifs religieux ou « traditionnels ».
C’est ainsi que l’on ferme les yeux sur les batailles-coqs et l’abattage cruel des animaux de sacrifices chez les hindouistes.
On continue à tolérer le chant du muezzin dans les haut-parleurs de la grande mosquée de Saint-Denis, un chant qui trouble la méditation des fidèles catholiques à la cathédrale et à la Résidence et qui perturbe également la tranquillité des moniales et des fidèles tout en haut de la colline du Rosaire.
Nous regrettons également la réaction de semeur de… trouble d’un avocat qui déclare à la télé que si l’on interdit les tams-tams des tambourinaires hindouistes, il faudra également interdire Mgr Aubry de messe de minuit.
Nous tenons à informer cet avocat si peu au fait des pratiques religieuses chrétiennes que ni Mgr Aubry, ni aucun prêtre, ni aucun pasteur dans le monde entier ne fait jouer du tam-tam à Noël devant son lieu de culte.
Nous tenons très vivement à rappeler à certains que la France est, certes, une République laïque mais une République laïque d’obédience chrétienne et que, par conséquent, La Réunion, majoritairement chrétienne, n’a pas à subir de diktats de la part des autres religions, minoritaires.
Il est regrettable que cette affaire ait pris des proportions pénales.
Un médiateur de justice aurait dû intervenir pour rappeler les hindouistes saint-pierrois à un minimum de bon sens et de savoir-vivre.
À présent, Monsieur le Procureur général, nous comptons sur votre intervention pour faire vous-même appel de ce jugement afin que La Réunion ne sombre pas dans les jugements d’une justice bananière.
Que feront désormais les policiers si, au cours d’un contrôle routier, ils tombent sur un conducteur très imbibé qui leur affirme que, s’il a bu, c’est parce qu’il sort du baptême de sa filleule et que cette imprégnation alcoolique n’était pas du tout intentionnelle ?
Association « Réagissons ! »


