Ligue des Droits de l'Homme : Cette politique sécuritaire "libère les propos racistes chez nous"


"Immigré ne veut pas dire délinquant". C'est le message lancé par la Ligue des Droits de l'Homme de la Réunion, rejoint par une trentaine de signataires du milieu sociale, syndicale, religieux spirituel, certains partis de gauche et la Fondation Abbé Pierre.
Ils lancent un message et appellent à un rassemblement républicain le samedi 4 septembre à 14h sur le parvis des droits de l'Homme de Champ-Fleuri à Saint-Denis. Un appel qui fait écho à l'appel national, pour dénoncer la politique sécuritaire du gouvernement de Nicolas Sarkozy.
Cette politique sécuritaire "libère les propos racistes chez nous"
"La conscience réunionnaise est scandalisée par les événements du pays" indique Christian Pomez, président de la section LDH de Saint-Denis de la Réunion. L'île est "directement concernée" par cette politique sécuritaire. "Elle libère les propos racistes chez nous" constate t-il, pour qui les discours du chef de l'Etat est "un discours de guerre".
Discours digne de "la période de 1945"
Et si l'Europe a été construite, c'est pour éviter la guerre : "On construit l'Europe pour éviter la guerre" rappelle Les Verts, pour qui, Nicolas Sarkozy, "créé des barrières" entre les diverses communautés de France. Le discours de Nicolas Sarkozy, notamment à Grenoble le 31 juillet dernier sur l'insécurité, serait digne de "la période de 1945".
"République de la honte" qui "tape sur les plus faibles"
Le Parti de gauche parle d'une "République de la honte" qui "tape sur les plus faibles". Il interpelle les leaders d'opinion afin qu'ils fassent attention à leur discours, par exemple : "La rue maréchal Leclerc ce n'est pas le Chaudron". La Ligue réunionnaise des droits de l'Homme rappelle qu'elle n'a aucun parti pris politique, "malgré le dérapage" qui ne fut pas cité... (ndlr : l'affaire Habdul-Hack)
Deux catégories de Français : "les Français de souche et les immigrés"
Bien sur, les défenseurs des droits de l'Homme montre du doigt "l'expulsion de masse" qui touche la communauté des Roms en France, ramenés avec 300 euros en poche, dans leur pays d'origine. "Le gouvernement est en train de créer deux catégories de Français : les Français de souche et les immigrés" alors que le président de la république doit "garantir la sureté de la république". Ces derniers considèrent que le chef de l'Etat met en danger "la paix civile".
"Amalgame" entre "les sans papiers" et les Roms
Tous les discours et les actions sont faits pour évacuer ceux que le gouvernement français appellent "les sans papiers". Les Roms sont des Européens et ils ont le droit de circuler librement dans la zone européenne. Cela "créer l'amalgame" et la confusion dans l'esprit des Français, qui assimilent "immigrés et délinquance".
"Instrumentaliser la justice sous couvert de la légalité"
Du côté des fonctionnaires, le syndicat de la magistrature de la Réunion dénonce un "malaise au sein des magistrats (…). Ils cherchent à instrumentaliser la justice sous couvert de la légalité".
"Certains élèvent disent qu'ils n'ont qu'à retourner dans leur pays"
D'après une enseignante, membre du MLK (Mouvement Lantant Koudmin), "en classe, il y a de plus en plus de remarques racistes, contre les Comoriens, les Mahorais et les Malgaches, même s'ils jouent tous ensemble dans la cour de récréations". Même les musulmans, qui font leur ramadan de manière naturelle, sont la cible de remarques, "certains élèvent disent qu'ils n'ont qu'à retourner dans leur pays".
Sarkozy en ligne de mire de la presse étrangère
Les médias européens et internationaux réagissent également face à la "politique d'expulsion de masse" du président français. Pour le Times de Londres, "les actions de la France rappelle la gestapo". En Argentine, "une presse caricature Nicolas Sarkozy en train de faire le salut des fachistes" indique le secrétaire général de la Ligue réunionnaise des droits de l'Homme. Tout cela "nuit à l'image de la France".
Interpeller les élus locaux
Les défenseurs des droits de l'Homme veulent aussi interpeller les élus locaux, pour qu'ils prennent position. Il s'agit de faire réagir le pouvoir législatif sur "les méthodes qui nous écartent au lieu de nous rapprocher". C'est pourquoi, une délégation remettra une lettre de protestation citoyenne au préfet, puis aux collectivités le lundi 6 septembre prochain.


