Révoqué pour racisme ou à cause de la connerie des hommes ?
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La scène se passe en juin dernier dans le département de la Réunion, à peu près 9.000 kilomètres de la France métropolitaine. Un homme aviné (alcoolisé plutôt faudrait-il dire car rien n'indique qu'il s'était saoulé au vin) un geste déplacé à l'égard d'une jeune fille, en pleine rue. Pas très intelligent il faut dire ! L'homme est un fonctionnaire métropolitain, détail qui a son importance. Placé en état d'arrestation par les forces de police informées immédiatement, l'homme (aviné il ne faut pas oublier) a eu la malencontreuse idée de prononcer devant les policiers quelques mots insultants à l'égard des personnes qui sont à l'origine de son arrestation (les passants) : «Et alors, je suis blanc. Ici, c'est que des nègres et toutes des putes».
Evidemment, c'est une insulte plus que malencontreuse et regrettable. Une insulte d'ivrogne non maître de lui. C'est comme les faits déplacés qu'il s'est autorisé. Maintenant, nul ne sait (du moins pas moi) de quelle manière cette personne a été retenue dans l'attente de la police par les témoins de la scène. Très certainement, il n'a pas été retenu par des moyens tout à fait pacifiques.
L'affaire a été mise en jugement devant un tribunal à Saint-Denis. J'ignore la peine à laquelle l'homme a été condamné pour les faits d'attouchement sur la jeune fille concernée. Mais cela ne suffit pas à un groupe de réunionnais appartenant à une association (pardon un collectif comme le LKP en Guadeloupe ou le Cospar à la Réunion) qui fleure bon l'extrêmisme : le collectif «non au racisme ! Respekt a nou !». Ce collectif avait porté plainte pour injure raciale le 22 juin dernier et demandé ensuite la révocation de l'éducation nationale de l'enseignant (mais pas la peine de mort, ouf, il s'en tire à bon compte).
C'est cette procédure de révocation qui vient d'être engagée contre l'enseignant par le ministère de l'éducation nationale et qui passera vraisemblablement devant une instance paritaire ... à la grande joie du collectif «non au racisme ! Respekt a nou !».
http://reunion.orange.fr/news/reunion/la-procedure-de-rev...
http://reunion.orange.fr/news/reunion/le-ministere-de-l-e...
http://www.temoignages.re/que-la-reunion-reste-cet-exempl...
Si l'instance paritaire a lieu à la Réunion, je ne donne pas cher de la peau de ce pauvre homme, face à des syndicalistes réunionnais dont le mot d'ordre est «La préférence aux réunionnais», soit un slogan que sous d'autres lattitudes on attribue au Front national de Jean-Marie Le Pen.
Je ne peux pas défendre les actes de cette personne. Mais ses actes ont malgré tout une excuse : l'ivrognerie. S'il fallait poursuivre tous les ivrognes qui ont des paroles insultantes à l'égard des passants, nos prisons ne seraient pas seulement bondées, elles déborderaient. Par ailleurs, si ce genre d'insultes devait conduire un enseignant à être révoqué de la fonction publique, il y a un paquet d'autres personnes qui devraient aussi être révoquées. J'ai souvenir que le ministre actuel de l'intérieur a été condamné pour les mêmes faits d'injure raciale, entre autres débordements, et pourtant il n'a pas été révoqué de son poste, que je sache. A la différence d'un préfet quittant ce même département de la Réunion, qui avait été mis à la retraite d'office pour avoir eu des propos insultants à l'encontre des personnels d'une société aéroportuaire à Orly, en estimant qu'il se serait cru en Afrique.
Au-delà de ces points, il y a d'autres choses qui me gênent dans cette histoire. Il faut d'abord remarquer que la police ne s'est pas faite agressée ce jour-là lorsqu'elle est intervenue pour arrêter ce monsieur aux gestes déplacés. Les réunionnais présents n'ont pas pris à partie les forces de police, ne les ont pas insulté, comme lors des évènements beaucoup plus récents devant la mosquée de Saint-Denis, lorsque la personne arrêtée n'était pas un métropolitain blanc mais un jeune musulman. Bizarre, n'est-il pas ?
Par ailleurs, je me permet de me demander si désormais toutes les injures raciales prononcées conduiront également à des demandes de révocation par ce même ministère de l'éducation nationale, ou d'autres ministères ... Il faut se promener dans les rues des villes de ce département français, où fleurissent les injures raciales à l'encontre cette fois-ci des français métropolitains, des zoreils comme ils disent là-bas : des injures telles que «zoreil déor», «La Réunion aux réunionnais» ... Il faut entendre les «maquereau de zoreil», les «languet to maman de zoreil», «retourne dans ton pays» et autres joyeusetés qui viennent agrémenter les conversations de certains natifs réunionnais ...
Bon, au moins, les métropolitains savent désormais, que se soit en France ou à la Réunion, que lorsqu'ils se feront injuriés par un réunionnais, surtout si cette personne est fonctionnaire, il ne faudra pas hésiter à porter plainte et à demander la révocation de cette personne de la fonction publique française. Et je ne suis pas certain que les membres de ce collectif seront aussi prompts et virulents pour demander la révocation d'un enseignant réunionnais qui aurait insulté un métropolitain ? Pas certain est évidemment un euphémisme.
La Réunion, une terre de tolérance ? Je n'en suis pas sûr. Pour moi, un endroit où le racisme anti-blanc est tout aussi développé que dans nombres de pays africains et où il ne fait pas si bon vivre lorsque l'on a la peau blanche. Peut-être que les membres de ce collectif devraient «tendre l'oreille» et regarder les murs de leurs villes pour découvrir la réalité de leur terre de tolérance.
Saucratès


