Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Et le César du premier rôle est attribué à…"

M. Macron a donc réalisé la meilleure prestation entre les deux tours. Il faut avouer qu’il a mis le paquet. Le candidat-président avait choisi la stratégie du coucou. Faire son nid politique dans ceux des autres, ça peut rapporter gros. Électoralement ! Ainsi, il nous a proposé de « bâtir un avenir en commun ». Belle promesse … que nous avions déjà entendue ailleurs ????
Bon sang, mais c’est bien sûr ! Chez l’insoumis en chef. C’était l’intitulé du programme de Jean-Luc Mélenchon. Par ici les électeurs L.F.I. ! Si l’on en croit les instituts de sondage, le candidat Macron aurait ainsi engrangé 42% des voix insoumises.
Pour pouvoir picorer dans la mangeoire de Yannick Jadot, M. Macron qui, en matière d’écologie, ne croyait pas au « modèle amish » et avait très vaguement, jusqu’à la semaine dernière en tout cas, entendu parler du G.I.E.C. (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) nous l’a assuré, la main sur le cœur : « la politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas ». Comment douter un seul instant quand cela est dit les yeux dans les yeux ?
Enfin, cerise (bio) sur le gâteau (électoral), le futur premier ministre sera chargé de la planification écologique. Le grand soir écologique, c’est maintenant ! Et je ne parle même pas de la future Fête de la Nature promise par E. Macron. Ah ? on me dit qu’elle existe déjà. Pas grave ! La sienne sera encore plus naturelle, plus écologique, plus verte.
Chapeau l’artiste ! Car, dans l’autre camp, Mme Le Pen, qui se présentait pour la troisième fois, n’a pas été en reste.
Plus humaniste que moi, tu meurs ! Telle était sa ligne de conduite. Oubliées les attaques de toutes natures contre les ennemis de la France. Mme Le Pen est une gentille éleveuse de chats (dont nous connaissons d’ailleurs tous les noms grâce à la presse people qui en a fait des caisses sur le sujet).
Mme le Pen est la bienveillance incarnée. Tout sourire, dents blanches et poignées de mains faciles, elle prenait dans ses bras la moindre électrice, le premier électeur qui passait à portée de mains. Elle ne voulait que du bien aux Français, à tous les Français, de toutes origines, de toutes confessions. Elle l’a même dit lors d’un meeting à Avignon : « Je ne retirerai aucun droit aux Français ». On pouvait donc la croire sur paroles. Et plus de 13 millions de Français lui ont donné crédit.
Il me revient cependant en mémoire un vers de ce bon M. de La Fontaine : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». À méditer d’ici le mois de juin et les élections législatives. Mais en attendant, THE SHOW MUST GON ON !


