"Comment je peux la tuer, qui va s’occuper de mon fils !"

Le 11 mars à Saint-Benoit, il est 22h quand il fait irruption dans l’appartement. Ça fait 1 heure qu’il est derrière la porte d’entrée à écouter pour surprendre sa compagne et son amant. Il surgit et va directement dans la chambre. Elle dort quand elle sent la main de son compagnon dans son short. Il la pénètre d’un doigt. "J’ai frotté ma main pour sentir car ça sentait le sexe. J’ai senti comme un rapport sexuel alors je l’ai frappée", explique le prévenu à la barre.
Une banalisation de l’agression sexuelle
Il lui porte de nombreux coups allant même jusqu’à la traîner dans les toilettes pour y mettre sa tête mais il n’y arrive pas car "elle se débat". Il se calme puis se couche. A 5h du matin, il remet ça. Il prend son téléphone et pirate son compte Instagram pour chercher son amant. Elle veut récupérer son portable mais en vain. Il remet ça à coup de pieds et poings. Il finit par partir. Le lendemain, soit le 13 mars, il part avec ses affaires mais il lui manque un short. Elle a tout fermé. Il passe par le balcon et face à son refus d’ouvrir, il explose la baie vitrée. Il entre et lui assène une quinzaine de coups. Elle ne doit son salut qu’au fils de la voisine qui le fait partir.
Il se rendra de lui même à la gendarmerie. A la barre, il n’a pas l’air de comprendre la gravité des faits : "Après elle m’a dit de mettre mon sexe en elle pour voir mais j’ai dit non car elle peut porter plainte pour viol contre moi. J’ai senti comme un rapport sexuel alors j’ai mis des coups de poing à la cuisse et des revers".
"Votre compagne dit avoir failli y passer !", recadre le président d'audience.
Le prévenu rétorque contre toute attente au tribunal : "comment je peux la tuer, qui va s’occuper de mon fils !".
Déjà 15 mentions au casier judiciaire
"C’est un dossier effroyable ! Il y a trois séries de faits avec banalisation de la violence et il ne s’en rend même pas compte ! Il y a également une banalisation de l’agression sexuelle car si il n’a pas mis le doigt alors ce n’est pas grave !!!", s’offusque la partie civile. La procureure parle de "propos qui font froid dans le dos aujourd’hui ! Il va jusqu’à vouloir lui mettre la tête dans les toilettes ! J’ai compté une quarantaine de coups portés sur trois épisodes. Ses propos sont particulièrement inquiétants d’autant qu’il a un profil violent avec un casier de 15 mentions. Il faut envoyer un message fort. Je vous demande une peine de 4 ans de prison dont 6 mois de sursis probatoire assortis d’un mandat de dépôt ainsi que la révocation de 6 mois du précédent sursis", requiert le parquet.
Compte tenu du comportement de son client, la defense, assurée par Me Jean-Christophe Molière, estime que "le dossier se suffit à lui-même, et oui c'est clairement grave, vous avez raison ! Il a une idée, celle qu’elle l’a trompé. Vous, vous avez la capacité de raisonner, et même si je lui dis « on ne frappe pas une femme ! », il fait avec ce qu’il a ! Je demande une peine assortie de plus de sursis car il lui faut plus de soins pour comprendre que, quelle que soit son idée, on ne frappe pas une femme", plaide la robe noire.
Dimitri D. écope, après une longue délibération, d’une peine de 5 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire, la révocation d’un sursis d'1 an assortie d’un mandat de dépôt. Il sera également inscrit au fichier des délinquants sexuel.


