Etang-Salé : "Je vole pour rembourser mes dettes, je suis honnête normalement"

Lorsque Fabrice se présente à la barre du tribunal en comparution immédiate pour une affaire de vol ce lundi, il a précipité les cinq autres affaires le concernant et qui devaient être jugées en janvier. Le tribunal a décidé de la jonction de tous les procès car sur les sept chefs d’inculpation, 5 concernent des vols avec effraction.
Dans la plupart des cas, les vols sont commis par opportunisme, mais surtout pour de maigres butins. Le prévenu possède deux modes opératoires : l'effraction de domicile la nuit et casser les vitres des voitures.
L’effraction dans les domiciles
En mars dernier, il avait observé les habitudes d’un couple dont il voulait voler le vélo, d’une valeur de 2000€, afin de le revendre. Il s’est introduit de nuit dans la chambre du couple pour tenter de dérober l’objet tant convoité. C’est le réveil et les cris de la mère de famille qui le feront détaler en vitesse. Telle Cendrillon, il perdra une chaussure dans sa fuite. La police, contrairement au prince, dispose de l’analyse ADN pour retrouver le suspect.
Un suspect dont le profil correspond justement à un vol par effraction commis le 27 novembre à L’Étang-Salé. Ce soir-là, une femme s’endort devant sa télévision. Un contact sur l’épaule la réveille et elle voit face à elle un homme tenant son sexe. Son hurlement fera heureusement fuir l’individu.
Rapidement, les gendarmes soupçonnent Fabrice, dont le casier à 7 mentions comporte plusieurs condamnations pour vols par effraction et exhibition sexuelle. Il avouera les faits lors de la garde à vue mais assure qu’il n’avait baissé son caleçon que pour y cacher les tickets restaurants et le chèque cadeau de 130€ qu’il a subtilisés. Une version à laquelle il s’accrochera devant le tribunal.
La procureure Sylvaine Schumacher a de son côté beaucoup questionné le prévenu sur ce point. "Il tente d’effacer la partie sexuelle de ces faits mais se pose bien la question de la tentative. Quand on regarde son casier judiciaire, cette affaire est un mix de ses trois dernières condamnations où l’on retrouve du vol et de l’exhibition sexuelle", souligne-t-elle.
Une "escalade de faits" en août
Entre ces deux vols par effraction, il y a eu en août trois vols par dégradation de véhicules. Dans un secteur précis de L’Etang-Salé, il va briser les vitres arrière de voitures pour y dérober ce qui traîne. L’un des véhicules a été vandalisé sans que rien ne soit volé. Le seul pour lequel il ne reconnaît pas les faits.
Dans l’un des cas, il utilisera par deux fois la carte bleue subtilisée pour acheter 30€ de cigarettes grâce au sans-contact. Il ira ensuite déposer la carte à la gendarmerie au bout d’une semaine, "en bon citoyen" ironise le juge Guillaume Lefeuvre. Ce sont les caméras de surveillance de la station-service associée à l’empreinte digitale relevée sur la voiture qui permettront de le confondre.
Au tribunal, il explique qu’il a commis ces dégradations à cet endroit parce que sa voiture y avait subi le même sort. Une réponse qui a eu le don d’étonner tout le monde, jusqu’à son avocat. "Je vole pour payer mes dettes, je suis honnête normalement", explique-t-il au juge. Il tient pour preuve qu’il a toujours payé ses amendes et réparations auprès de la justice en temps et en heure.
"Un profil inquiétant"
Des déclarations qui ne convainquent pas la procureure. "Il a beaucoup de mal à mesurer les conséquences de ses actions. On se demande quand il sort la nuit s’il n’est pas en chasse d’une porte ouverte. Il y a une excitation chez lui lors de la commission des faits. Il a un profil inquiétant", indique-t-elle avant de requérir 18 mois de prison, dont 6 avec sursis probatoire de deux ans.
Prenant en compte qu’il venait de trouver un travail, que sa compagne était enceinte et qu’il avait la charge de sa mère, le tribunal a été plus clément en le condamnant à 12 mois, dont 6 avec un sursis probatoire de deux ans. Les 6 mois ferme seront aménagés avec le port d’un bracelet électronique afin qu’il conserve son emploi. Cela pour dédommager les 6 parties civiles, pour une valeur d’environ 3000€.


