De profundis… Raymond Sangaria n’est plus

Un nom que les jeunes générations ne connaissent pas forcément mais qui dira beaucoup aux plus de 50 ans…
Raymond Sangaria, guitariste, chanteur, compositeur et chef d’orchestre malgache, met les pieds pour la première fois chez nous en 1963. Il participe à ce moment aux Tournées-Guébert, qui « tournent » dans l’océan Indien, en compagnie de Henri Ratsimbazafy et des Béryls, qui deviendront les Surfs.
Contrairement à ses amis, il décide de s’installer ici (à peu près en même temps que son ami Rolland Raèlison) et fonde son propre orchestre avec lequel il animera les grands bals à travers l’île. Raymond enregistre quelques-uns des airs les plus connus du répertoire créole : « Manapany, Caf pas vilain manière, Créole aux yeux si doux, Si vous avez des cornes, La pluie tombé… »
Mais il est difficile de vivre de sa musique ici. Pour s’en sortir, Raymond se fait embaucher comme chauffeur sur les cars Patel puis Moullan (auxquels il a d’ailleurs consacré un séga !) et sera quelques années durant affecté à la ligne Saint-Pierre/Cilaos.
A la fin des années 60, il rentre à Madagascar où il sera l’accompagnateur favori des chanteurs de son pays, Colbert Brabant entre autres. Dans le même temps, il anime régulièrement des bals sur les Hauts-Plateaux. Nous avons eu le plaisir de l’accueillir au cercle-restaurant de Babetville-Sakay plus d’une fois.
Raymond n’a jamais perdu son sourire et sa gentillesse, même au plus fort de ses ennuis. Jouer avec lui était un réel plaisir car bien qu’étant mille fois meilleur que nous, il n’hésitait jamais à nous inviter à le rejoindre sur scène.
Nous allons regretter ce merveilleux compagnon, talentueux musicien, homme à la simplicité légendaire.


