Fabrice Marouvin : "Après la vente de la Sedre, la mise aux enchères de l'hôpital Gabriel Martin"

La grande braderie des biens de la commune de St paul continue avec la mise en vente des terrains et des bâtiments de l’hôpital G. Martin.
L’annonce publicitaire qu’une officine immobilière chargée de la vente a fait paraître dans la presse reflète bien l’esprit de banalisation qui préside à cette démarche. : on vend cet équipement public comme n’importe quelle maison, on n’importe quel terrain.
la commune, associée à la direction du CHOR, va donc céder au plus offrant un bien public, l’alibi d’une commission chargée d’examiner la proposition de programme immobilier associée à l’offre de prix n’étant qu’une précaution de façade, car l’on sait bien que c’est le montant de l’offre qui emportera la décision.
Rappelons d’abord que la question de la propriété de cet équipement n’est toujours pas purgée , et qu’elle fragilise la régularité de toute transaction.
Rappelons également que la manœuvre consistant, pour l’administration de l’hôpital, à prétexter que le prix de cession est nécessaire pour boucler le financement des travaux du CHOR, et à exploiter cette situation pour faire entériner de manière indirecte la reconnaissance un droit de propriété , et pour forcer la vente, a été maintes fois dénoncée.
On regrettera que la municipalité précédente ait accepté , par manque de rigueur ,par facilité ou pour s’assurer de la paternité du lancement des travaux du CHOR, de légitimer indirectement des prétentions de propriété qui ne sont pas irréfutables. Le communiqué de presse que vient de faire paraître le PLR est un singulier exercice de réécriture des faits pour exonérer ses représentants de leur responsabilité dans la situation actuelle. En effet, lorsque le montage financier des travaux du CHOR a été défini en collaboration avec la municipalité en place entre 2008 et 2014, qui incluait, comme le confirme le communiqué de presse, le reversement du produit de la vente de l’hôpital Gabriel Martin, pourquoi alors cette municipalité n’a pas exigé que cet équipement, compte tenu de son importance pour l’organisation urbaine du centre-ville, serait maîtrisé par la commune à un prix déterminé par le service des Domaines, charge à elle, si des droits de propriétés étaient confirmés au bénéfice du CHOR, de le dédommager à due concurrence ? Car maintenant pousser des cris vertueux en réclamant l’exercice du droit de préemption est un peu tardif : en effet si la commune préempte, elle sera tenue de le faire au minimum au prix proposé par le promoteur !
Au-delà de cet état de fait, c’est, une fois de plus un manque flagrant d’ambition, d’initiative et de vision d’avenir dont la commune fait ainsi l’aveu. Force est de constater que, là non plus, la commune n’a aucun projet pour la redynamisation de ce secteur du centre-ville, et qu’elle laisse aux promoteurs la responsabilité de proposer un programme de requalification d’un espace stratégique qui va remodeler complètement le quartier sud de St Paul. On constate par ailleurs que ce manque d’ambition est largement partagé par le PLR, qui ne trouve à proposer que d’y installer des administrations …bel exemple de programme pour la revitalisation et l’animation du quartier, avec des centaines de m2 de bureaux qui sont déserts à partir de 16.h en semaine, et du vendredi midi au lundi matin
On sait que les objectifs de rentabilité financière d’un promoteur immobilier s’opposent par nature à l’intérêt public dont la collectivité est garante devant les citoyens qu’elle représente. Quand bien même la cession à un privé n’est pas en soi interdite, elle aurait dû être conduite et dirigée entièrement par la collectivité, indépendante des objectifs strictement financiers du CHOR, avec un cahier des charges détaillé et un programme précis qui imposent le contenu et la destination du projet, les fonctions qu’il doit assurer et les contraintes d’insertion et de contribution à l’urbanisme du secteur.
Enfin, le lancement de cette vente à quelques mois des élections municipales témoigne d’une précipitation qui pose question. Les promoteurs de cette initiative devront se garder de croire que la nouvelle municipalité considérera le sujet comme clos.


