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Tribune libre d'Audrey Belim : "Rentrée 2019: une école de la confiance qui crée le doute"

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 16 août 2019 à 11H18

Alors que les élèves réunionnais retrouvent le chemin de l'école en ce jour de rentrée, l'ensemble de la communauté éducative (élèves, parents, enseignants) font front commun contre la loi « pour une école de la confiance » portée par le Ministre Jean Michel BLANQUER. 

Et pour cause, tant sur le fond que sur la forme, cette loi n'est en rien satisfaisante, particulièrement pour notre île.

Après être revenu sur la réforme des rythmes scolaires et sur celle du collège, la loi pour « l’école de la confiance » du Ministre BLANQUER reste pourtant un vaste écran de fumée qui soulève l’indignation dans le monde éducatif. 

Parlons de sa mesure la plus symbolique concernant l’âge de l’instruction obligatoire, abaissé pour la première fois depuis la loi Jules Ferry à 3 ans. Soit disant pour « réduire les inégalités » - selon le gouvernement d’Emmanuel MACRON.

Rappelons que pour ce même objectif, le gouvernement de François HOLLANDE avait misé sur des dispositifs tels que la classe passerelle et les Très petites sections avec la scolarisation des petits dès 2 ans, qui expliquent certainement le taux de quasi 100% de scolarisation sur notre territoire. 

D’ailleurs, le monde enseignant appelle le ministre de l’Éducation à conforter la place de l’école maternelle et demande le maintien de la scolarisation à 2 ans. La mesure symbolique ne produit que peu d’effet si ce n’est qu’elle soulève de nouvelles questions :

- combien d’élèves par classe ?

- quels investissements?

- quelles formations pour les professeurs ?

- ou tout simplement, comment va-t-on s’y prendre ?

Le Comité national d’action laïque et la Fédération des conseils de parents d’élèves soulignent d’ailleurs qu’avec ces mesures, le gouvernement signe un chèque de 150 millions pour les écoles privées. Celles-ci accueillent environ 300 000 enfants en maternelle, avec l’argent des collectivités locales. 

En décidant, sous couvert d'«égalité», la scolarisation obligatoire à 3 ans, le président de la République et son ministre de l’Education introduisent subrepticement l’obligation de financement des maternelles privées par les communes.

Enfin, cette décision marque à coup sûr la disparition de la priorité à la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, pourtant reconnue encore tout récemment dans le rapport Borloo sur les banlieues comme un formidable outil dans la lutte contre les inégalités.

Dans le même temps, il a été annoncé un budget en régression au sens où 2 650 postes seront supprimés et où deux réformes impacteront durablement notre système éducatif dans un sens très libéral : la gestion des ressources humaines (marquant ainsi la fin des règles de mutation des enseignants – mais également la contractualisation des emplois) et la question de l’évaluation.

D’autres réformes du Ministre BLANQUER sont aujourd’hui contestées, en particulier celle du lycée, qui fait craindre  à la communauté éducative un accroissement des inégalités entre territoires et établissements. Les organisations syndicales et les membres du Conseil Supérieur de l’Éducation ont très nettement rejeté les réformes et les nouveaux programmes.

Lors de la vaste consultation annuelle  (33 000 réponses) des professionnels de l’éducation réalisée par l’UNSA en 2019 :

• Seulement 10,4 % des professionnels de l’éducation se déclarent en accord avec les choix politiques éducatifs du ministre.

De gros malaises persistent face aux manques de considération, de concertation, de respect dû à la fonction, aux conditions de travail, aux aménagements des programmes… Ce qui explique le climat de doute qui s’est installé. Enseignants et parents sont légitimement inquiets quant à l’avenir de nos enfants.

La réforme BLANQUER ne consiste in fine qu'à la mise en œuvre d'un vieux projet basé sur la libéralisation et à la privatisation des systèmes éducatifs, avec à la clefs : la régression de l’égal accès à la réussite scolaire.

Lorsque l’on sait qu’un Réunionnais sur 3 quitte l’école sans diplôme, on ne peut que s’inquiéter du système BLANQUER. Cette réforme illustre parfaitement la marque de fabrique du Gouvernement actuel : la casse sociale. 

Nous nous joignons à la communauté éducative dans les inquiétudes qu'elle exprime face à cette politique dévastatrice et soutenons le monde enseignant et ses mouvements de lutte contre la loi « pour l’école de la confiance ».

 

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