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Houellebecq, un antianalusant en écriture ?

Ecrit par zinfos974 – le lundi 21 janvier 2019 à 09H49

Joyce Macdougall, une grande psychanalyste, aujourd’hui disparue et spécialiste de la perversion avait élaboré une réflexion sur les personnes qui  malgré leur engagement mettent en échec leur propre psychanalyse sous le titre Les antianalysants en analyse..

On peut s’inspirer de ce propos à propos du dernier roman de Michel Houellebecq SEROTONINE

Cet ouvrage est pour le psy une excellente étude clinique mettant en scène la lente descente vers la mort volontaire, d’un ingénieur agronome fortuné, à la vie amoureuse prolifique et instable, et ayant dépassé le milieu de la vie. Psychiatres et médicaments font partie des personnages du roman. Sur un mode parfois ironique. Ce scenario existe et nous le rencontrons quelquefois. Ce climat de mélancolie cheminant dans des méandres pervers résonne aussi avec l’ambiance nationale. Contrairement à la critique qui fait de l’auteur un devin de l’actualité des gilets jaunes, les émeutes paysannes et normandes qui clôturent le livre ont eu souvent lieu et se répètent dans le monde agricole français et ne rappellent que de loin le mouvement actuel.

Sur bien des plans ce roman peut sembler décevant : une écriture souvent vulgaire se complaisant dans les innombrables fantasmes alcooliques et pornographiques répétitifs  que l’on retrouve aussi d’un roman à l’autre. On saute quelquefois  des chapitres par lassitude…

L’auteur ne serait il jamais sorti de sa crise oedipienne? et d’un lien ambivalent  avec Lucie Ceccaldi, sa mère qui l’avait abandonné. Médecin, celle ci a vécu à La Réunion et nous l’avons rencontrée. Elle a disparu récemment après une existence mouvementée d’aventures et d’engagements politiques et amoureux aux quatre coins du monde. Houellebecq l’avait mise en scène dans son roman Les particules élémentaires et avait tenu alors des propos insultants. Lucie Ceccaldi avait réagi en publiant le récit l’INNOCENTE ou elle raconte sa vie. Médecin de la future DASS de La Réunion, elle fut aussi une des premières anesthésistes, compagne de formation de Margie Sudre et a exercé à la célèbre clinique de Saint Benoit.  Elle avait surtout avait commis sous un pseudonyme,  un redoutable pamphlet, LA REUNION DEPARTEMENT FRANÇAIS, publié aux éditions Maspero, dans lequel - chiffres à l’appui - elle décrivait tous les travers de l’île lors des années Debré. Nul n’a su quasiment jusqu’à sa  disparition qu’elle en était l’auteur.

Si Michel Houellebecq se réfère à la neurobiologie, il a poursuivi et poursuit par l’écriture sa propre psychanalyse. Une démarche salubre..

Décoré récemment de la Légion  d’honneur.. ce grand imprécateur non conformiste finira sans doute à l’académie …

 

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