Remisée dans un garage à Castres, une voiture verbalisée à Gillot

Une habitante de Castres, Michelle Dehaudt, en récupérant son courrier, reçoit une lettre émanant du service public. Pensant dans un premier temps qu’il s’agit d’un courrier du trésor public, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle découvre que c’est une contravention. Si l’infraction correspond à l’immatriculation et au modèle de son véhicule, le lieu est pour le moins insolite. Il s’agit d’un PV pour stationnement gênant devant l’aéroport Roland Garros sur l’île de La Réunion.
Comme l’expliquent nos confrères de ladepeche.fr, cette Castraise se déplace en fauteuil roulant depuis plusieurs années. Le véhicule concerné par l’amende, remisé depuis deux ans dans son garage, appartenait à son mari qui est décédé depuis cinq ans. Comme elle le dit "J'aurais bien aimé être allée à La Réunion".
Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes explique : "Nous sommes devant un fait évident d'usurpation de plaque d'immatriculation. Il y a une grosse recrudescence des usurpations de plaques en ce moment" souligne-t-il. La raison ? "En général c'est quelque chose qui est en train de progresser ces dernières années car la répression s'intensifie sur les routes françaises. Quand c'est le cas, vous avez un double effet. Le premier est qu'une plus grande majorité de Français se fait avoir. La seconde c'est que ceux qui ont tendance à se faire verbaliser souvent, et qui ont décidé de ne pas respecter les règles, s'organisent avec des techniques illégales comme l'usurpation de plaques d'immatriculation" explique l'expert.
Comme Michèle, peu nombreux sont ceux qui connaissent les démarches à suivre. Elle avoue "Je suis un peu perdue". Mais une chose est sûre, elle va "contester cet avis de contravention".
Quelles sont les démarches si cela vous arrive ?
Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes explique les démarches : "La procédure est simple. Il faut faire un dépôt de plainte pour usurpation de plaques d'immatriculation. Quelques fois dans certains commissariat et gendarmerie, ils ont des réticences à enregistrer ce genre de plainte mais il faut insister. C'est capital car ensuite les victimes vont envoyer la preuve de ce dépôt de plainte à l'officier du ministère public en contestant l'infraction et, normalement, vont obtenir gain de cause".
Il insiste sur l’importance de la plainte car cela peut être "le début d'une longue série" Si il n'y a pas d'obligation, Pierre Chasseray conseille à toutes les victimes de faire ensuite les démarches en préfecture pour avoir un nouveau numéro d'immatriculation. C’est gratuit grâce à la plainte, mais néanmoins à la charge de la victime. "Ce n'est pas juste, souligne-t-il, mais c'est le prix à payer pour être tranquille".


