Incident de frontière… … entre la Suède et le Népal !

Avec un titre comme ça, j’étais sûr de capter votre attention. Cette boutade, je l’ai lâchement empruntée à Greg dans "Talon".
Malgré l’invraisemblance de son propos, Greg a mis le doigt sur une évidence flagrante (n’ayons pas peur des pléonasmes !) : ces deux pays, à forte tradition bouddhiste pour l’un, libérale pour l’autre, ne risquent guère de se livrer à des luttes imbéciles au nom de religions (y compris les "religions" politiques) qui ne font que dresser les humains les uns contre les autres.
Cette ignominie a existé de tous temps et perdure.
Les Croisades, l’Inquisition, la Saint-Barthélémy, la Guerre "Sainte" (comme si…) au Moyen-Age, l’expulsion des juifs d’Espagne par Isabelle-la-Catholique, le communisme, l’anticommunisme, la Mission civilisatrice autoproclamée des catholiques en Afrique, en Asie, en Amérique latine, les USA gendarmes du monde, et aujourd’hui l’ultralibéralisme triomphant imposant ses quatre volontés aux travailleurs de la planète… bref, tout, tout montre qu’au nom de soi-disant grands principes, on aboutit au résultat contraire à l’intention affichée. Tel qui prétendait se soucier des plus pauvres commence par doubler son propre salaire !
Les religions ont sanguinairement dressé les croyants les uns contre les autres, croix contre croissant, kippa contre burnous. Les idéologies, religions dissimulées sous le voile de la laïcité, n’ont pas agi autrement.
La conclusion que personnellement j’en tire, est que religions et politiques sont nocives pour le devenir de l’être humain.
Beaucoup, aujourd’hui encore, jugent le bilan de l’URSS "globalement positif". Pour d’autres, "les colonisateurs n’ont pas fait que du mauvais" en Afrique. Certains tarés, enfin, comme Alain Madelin, persistent à dire que "les marchés se réguleront d’eux-mêmes". On connaît le résultat dans les trois cas.
Plus d’un persiste à croire et affirmer que la prière sauvera l’humanité. Si cela était vrai, les fléaux auraient disparu depuis longtemps.
Mais pour un "papa" Francisco, combien de Torquemada ! Pour un abbé Pierre, combien de Mao ! Pour un père de Foucault, combien de Pol Pot ! Pour un Pédro, combien de Ratsiraka !
Ainsi que je l’ai déjà dit, j’ai perdu la foi. Et malheureusement, je sais pourquoi.
Mais j’ai gardé mon mysticisme ; il s’est juste porté plus intensément sur l’Homme. Je rêve d’une planète où Aug San Suu Kyi, Simone Weil, Gandhi et Mandela compteraient plus que Merkel, Sarko ou Marine. Je rêve d’un gouvernement où un Albert Schweitzer aurait remplacé l’arriviste Kouchner. D’une terre où on écouterait plus les appels au secours des Tuvalu et des Maldives, menacées d’engloutissement, que les jérémiades d’un Macro(n), les palinodies d’un Hollande ou les vœux inhumains du Medef. Où pas une voix ne s’élèverait contre les réformes salvatrices d’Obama ; et où les altermondialistes auraient enfin voix au chapitre !
Comme le dit une pub, par ailleurs débile et envahissante : "Je sais, je rêve". Je rêve mais ne désespère pas de voir, quelque prochain jour, les importuns cloués au pilori.
Aux armes, citoyens libres-penseurs du monde !
Jules Bénard


