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"Maloya : je pourris ton nom ?"

Si l’identité est une fierté, l’identitarisme est un crétinisme. On savait déjà qu’à la Réunion (mais également dans d’autres "régions à identité forte") l’on pouvait se vautrer peinardement dans la xénophobie et l’intolérance, au nom d’un post-colonialisme victimaire très pratique et même disons-le, "éthiquement confortable". Ainsi, tel propos qualifié de raciste ou de xénophobe en France métropolitaine passera comme une lettre à la poste dans les dom-tom ou certains autres départements (Corse, Pays Basque…), pourvu que les destinataires des quolibets, procès d’intention ou jugements de valeurs à la noix (coco ou cajou, c’est au choix) soient des "expatriés" (comme dirait l’immense Huguette Bello), c’est à dire des personnes issues d’un département métropolitain, blanches de préférence (il paraît que le "zorey", le métropolitain, ne peut être que blanc, si si).
Ecrit par zinfos974 – le dimanche 10 janvier 2016 à 20H38

Ce que l’on ne savait pas encore, c’est que cet identitarisme victimaire pouvait rendre nigaud ses adeptes au point de lancer une campagne de dénigrement du handicap mental ou plus largement de la maladie mentale, au nom de la défense d’un genre musical certes "historiquement chargé", le Maloya… une campagne aussi bête et déplacée que celle soutenue par des artistes pourtant emblématiques et talentueux comme le sont Davy Sicard ou Lindigo. En effet, quelques artistes locaux (locos?) se sont soulevés contre le crime odieux que constituerait le fait de baptiser une unité de soins psychiatriques "Maloya". Ce serait, pour ces artistes -forcément irréprochables- "associer le Maloya, la culture réunionnaise (on ne savait pas que la culture réunionnaise ce n’était que le Maloya) à la folie » (sic).

Avec une pointe de malice, on ne s’étonnera que moyennement de ce qu’un Kaf Malbar verse dans cette couillonnisse de haut vol, fort de ses clashs façon gangstarap tropicalisé avec je ne sais quel DJ au QI de cabot sauteur et qui aime bien jouer avec des allumettes.

Comme dirait celle qui semble subitement être devenue une référence intellectuelle pour les tenants de la campagne crétino-victimaire "Tir sa" ("enlève ça") : "non mais allô, quoi".

Qu’un boug comme Davy Sicard, réputé très croyant pour ne pas dire légèrement bigot, verse là-dedans, voilà qui laisse sans voix, non pas Kaf Malbar malheureusement, mais plutôt l’observateur de la couillonnisse péi qu’est votre serviteur, que dis-je votre esclave (LOL). En effet Davy, toi que j’admire profondément, toi dont la voix pure est capable de me faire dresser le poil sur mon avant-bras de colonialiste affreux, comment peux-tu t’associer à cette campagne sinon fascisante au moins très très très maladroite ? Comment un adorateur de Jésus (i.e. un baba cool un peu perché qui aime tout le monde même ceux qui lui plantent des gros clous dans les membres, c’est dire s’il est "love"…) comme toi peut-il nous faire savoir que des personnes malades sont, clairement, des sous-hommes, non éligibles aux messages d’espoir que porte cette musique magnifique qu’est le Maloya, notre blues péi, qui séduit de plus en plus d’oreilles hors département ? Comment ne pas t’être rendu compte du caractère infâme de cette campagne que n’aurait pas renié l’extrême droite germanique des années 30/40 ?

Putain ! Davy (et les autres), ça craint du boudin (créole évidemment et pimenté, ek zachars si ou plé) !

Bref : Rouv zot zié kamarades et artourn fé mizik, lé pliss meyer.

Davy Sicard, Kaf Malbar, Lindigo et les autres, pour le coup c’est vous qui faites honte à la Réunion et à son beau Maloya. Le Maloya n’est pas associé à la "folie", et permettez-moi au passage de vous renvoyer à votre parano (une maladie mentale, quelle horreur !)… et d’ailleurs le simple fait d’utiliser ce terme -"folie"- très stigmatisant en direction des personnes atteintes de handicap mental ou de maladie mentale, en dit long sur votre niveau culturel : les "fous" et leurs "asiles" n’existent plus depuis longtemps, sauf chez les bas-du-front (ce n’est pas une maladie mentale, précisons) et autres ignares.

Comme le faisaient remarquer des internautes sans aucun doute colonialistes en commentaire de la presse locale, ces artistes locos n’ont pas semblé gênés aux entournures qu’une marque de picole locale (le véritable fléau asservissant de cette île !) choisisse le "Maloya" pour l’une de ses boissons, et si une unité de soins pour enfants atteints de cancer ou de maladies orphelines avait été baptisée "Maloya", ces mêmes artistes auraient trouvé cela merveilleux et auraient fait des pieds et des mains pour s’auto-célébrer en s’associant à ces maladies tellement plus nobles et gratifiantes. Bref encore, chers représentants de la réunionnitude option maloki, ce que vous faites là n’est rien d’autre que la promotion du racisme anti-malades/ handicapés mentaux et franchement, ça pue !

Alors, comme moi aussi je suis potentiellement très couillon, je vais comme vous proposer que l’on débaptise quelque chose, enfin quelques-uns, vous : Cave Malbar, Davy Tricard et Lindigent !

OCP (Observatoire de la Couillonnisse Péi) : https://observatoiredelacouillonnissepi.wordpress.com/2016/01/08/maloya-je-pourris-ton-nom/
 

 

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