Crise au tribunal : FO Magistrat réclame le maintien d'une "mission d'inspection"

Le secrétaire général de FO Magistrat et vice-président du tribunal d'instance de Marseille, Emmanuel Poinas, était de passage dans l'île pour soutenir le juge de Mayotte, Hakim Karki, convoqué à la Réunion par le premier président de la cour d'appel, mais également pour évoquer le cas du procureur Philippe Muller. Après trois jours de visite, Emmanuel Poinas repart avec un sentiment étrange.
"J'ai le sentiment qu'au sein de la magistrature à la Réunion, un certain nombre de procédures ne sont pas appliquées", souligne-t-il. Cette allusion fait suite au déroulement de la convocation entre Hakim Karki et le premier président de la cour d'appel, lundi dernier. "A la Réunion, le premier président a un problème avec le statut de la magistrature (…). Il a refusé lors de la convocation l'assistance d'un avocat et d'un magistrat (Emmanuel Poinas ndlr)", poursuit-il. Le juge de Mayotte a été entendu suite à la saisie, par le premier président de la cour d'appel, Dominique Ferrière, de la direction des services judiciaires.
Pour revenir sur l'affaire du procureur Muller, Emmanuel Poinas se dit "perplexe" sur les prises de position faites par Claude Laplaud, procureur général, et Dominique Ferrière. "Le premier président se prononce sur la situation d'un procureur. C'est assez inhabituel. Pourquoi un chef de juridiction parle de petites gens ? Qu'est ce qu'il a voulu dire par là ? De même, le procureur général dit "j'ai un dossier de 20 centimètres". La taille ne dit rien sur le contenu du dossier", précise Emmanuel Poinas. Le secrétaire de FO Magistrat va plus loin et rappelle que le dossier sur la carrière de Philippe Muller n'avait pas été communiqué préalablement à Claude Laplaud. Pour lui : "L'avertissement est annulé compte tenu de la jurisprudence".
"Moi, Philippe Muller, je ne sais pas ce qu'il a fait ou non. L'administration n'a jamais pris la peine d'envoyer une mission d'inspection. Dans ces conditions, le processus de prise de décision n'est pas cohérent", explique Emmanuel Poinas. Ce dernier réclame le "maintien" d'une inspection des services judiciaires à la Réunion. "[iSi le prochain procureur arrive et que les dysfonctionnements continuent, ce sera la catastrophe, sinon tant mieux]i", conclut-il.


