Le procureur Muller conteste sa mutation: Son avocat, "choqué", met en cause le ministère de la Justice

Alors que la presse a annoncé la mutation du procureur de Saint-Denis, Philippe Muller, à la Cour d'appel de Grenoble, ce dernier a souhaité réagir, par le biais de son avocat. Après un rendez-vous avec son client, le Bâtonnier Me Djalil Gangate s'est exprimé face aux médias devant le palais de justice de Champ Fleuri en fin d'après-midi.
Son conseil annonce tout d'abord que Philippe Muller a appris seulement ce matin qu'il a fait l'objet d'un avertissement de la part du procureur général et assure qu'ils vont immédiatement "contester cette décision devant les juridictions compétentes". Le dossier a déjà été transmis à Paris à un avocat du Conseil d'Etat.
Me Djalil Gangate précise ensuite que Philippe Muller n'a pas fait l'objet d'une mutation, comme l'ont annoncé les médias, mais que la DSJ (Direction des services judiciaires) a fait une "proposition de mutation, qui sera transmise au Conseil supérieur de la magistrature, laquelle émettra un avis pour qu'éventuellement le président de la République prenne un décret en ce sens, ou pas".
Selon son avocat, Philippe Muller a été convoqué à un entretien à Paris pour se voir notifier cette proposition de mutation. "Alors qu'il avait demandé s'il devait être assisté par son conseil, on lui a répondu qu'il pouvait y venir seul et qu'il s'agissait de faite le point sur une situation administrative de son parquet", affirme-t-il.
Sur le fond, le Bâtonnier se dit "choqué de la manière dont la Chancellerie a traité ce dossier" et assure que le procureur de Saint-Denis est soutenu par divers magistrats, personnes et son syndicat Force Ouvrière. Il dénonce une situation qui "impacte sa carrière et sa vie" et met en cause un "procédé pas acceptable qui vient du ministère de la Justice".
Il conclut en assurant que, si Philippe Muller a été nommé à ce poste "c'est qu'il avait un excellent dossier" et que "depuis le parquet fonctionne".


